Présidentielle ougandaise : Museveni en tête, l’opposition dénonce des arrestations

Des panneaux publicitaires représentant le président ougandais, Yoweri Museveni, à Kampala, en Ouganda, le 13 janvier 2026.   -  
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Le président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis quatre décennies, est en tête des résultats provisoires de l’élection présidentielle organisée jeudi, selon Simon Byabakama, président de la Commission électorale nationale. « Yoweri Tibuhaburwa Kaguta, Museveni, a obtenu 5 148 845 voix, soit 75,38 % des suffrages valides », a déclaré M. Byabakama.

Le principal opposant de M. Museveni, Robert Kyagulanyi Ssentamu, plus connu sous le nom de Bobi Wine, recueille pour sa part 20,71 % des voix, les bulletins restants se répartissant entre six autres candidats.

Benjamin Katana, représentant de la Plateforme d’unité nationale (NUP), a dénoncé le manque de transparence du scrutin : « La manière dont les résultats sont présentés soulève plus de questions que de réponses. Il est très important que la Commission électorale fournisse aux partis représentés dans la course les tableaux de résultats par district. Cela nous permettrait de comparer ce qui est présenté ici avec ce qui a été déclaré localement, car nos questions ont toujours porté sur la transmission des données. Cela montre clairement qu’il existe un problème de transparence. »

Selon les règles électorales, un candidat doit obtenir plus de 50 % des suffrages valides pour être déclaré vainqueur. Le président de la Commission a précisé que le scrutin s’était déroulé dans un « climat globalement pacifique », malgré quelques incidents isolés, et a appelé la population à rester sereine jusqu’à l’annonce des résultats définitifs, prévue samedi.

Près de 21,7 millions d’Ougandais étaient appelés aux urnes pour élire leur président ainsi que 353 députés. La journée électorale a été marquée par des dysfonctionnements techniques, notamment des pannes sur les kits biométriques de validation, et par un climat de tension accentué par des coupures d’Internet et la présence constante des forces de sécurité.

Bobi Wine, qui milite pour un changement politique, a affirmé que ses agents électoraux dans les zones rurales avaient été enlevés avant le début du scrutin, compromettant ainsi la surveillance des fraudes potentielles. L’ancienne star de la musique espérait mettre fin au règne de quatre décennies de Museveni dans un contexte où l’armée, dirigée par le fils du président, Muhoozi Kainerugaba, a été déployée et où des mesures de sécurité ont été renforcées autour de son domicile à Kampala.

Vendredi soir, le parti de Bobi Wine avait affirmé qu’un hélicoptère militaire l’avait emmené de force de sa résidence. La police ougandaise a démenti ces informations, son porte-parole Kituuma Rusoke précisant que Wine se trouvait à son domicile et était libre de ses mouvements. Le porte-parole de l’armée, Chris Magezi, a ajouté que ces rumeurs visaient à inciter ses partisans à des actes de violence. Selon l’ONG Amnesty International, plus de 400 partisans de Wine ont été arrêtés durant la campagne, dans un contexte de répression et d’intimidation largement dénoncé par les observateurs internationaux.

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