France
En France, l’homme soupçonné d’avoir ouvert le feu vendredi dans les Yvelines, faisant un mort et cinq blessés, a été transféré dans un service psychiatrique de la police, ont annoncé dimanche les autorités judiciaires françaises.
Âgé de 39 ans, le suspect, identifié comme Kevin T., a fait l’objet d’un examen psychiatrique samedi soir. Selon le Parquet national antiterroriste (PNAT), une période d’observation d’environ 48 heures doit permettre de déterminer si son état de santé est compatible avec la poursuite des interrogatoires. Une source proche de l’enquête indique qu’il souffrirait de schizophrénie.
Des traces de cocaïne et de cannabis ont également été retrouvées dans son sang, selon le parquet. Lors d’une perquisition à son domicile, les enquêteurs ont découvert une Bible, un Coran et un exemplaire de « Mein Kampf », l’ouvrage d’Adolf Hitler.
Le suspect avait été interpellé vendredi à bord de sa voiture, dans laquelle se trouvaient une arme automatique et des grenades lacrymogènes. Les tirs ont fait une victime mortelle, Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d’origine congolaise, ainsi que cinq blessés. Parmi eux figure une fillette de 12 ans, touchée par huit balles et toujours dans un état critique.
Quatre autres personnes, notamment des membres de la famille et des proches du suspect, ont été placées en garde à vue dans le cadre de l’enquête. Le président Emmanuel Macron a qualifié les faits d’« attentat terroriste raciste ».
Des marches contre la haine raciste
Les hommages à Pengo Bossio Wangi se multiplient. Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi à Trappes pour soutenir sa famille. Dimanche, une nouvelle marche a été organisée à Aubervilliers par le fondateur du club d’arts martiaux mixtes où la victime s’entraînait.
D’autres rassemblements sont prévus lundi dans plusieurs villes françaises, dont Paris. La Ligue des droits de l’homme et SOS Racisme ont appelé à se mobiliser en soutien aux victimes et contre la banalisation de la haine raciste.
« Le racisme n’est pas un sujet de second plan », a déclaré Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, estimant que tout acte raciste devait susciter une mobilisation de la société.
L’avocat de la famille de la victime, Yassine Bouzrou, a pour sa part exprimé son étonnement face au transfert du suspect en psychiatrie et à l’interruption de sa garde à vue, qu’il a qualifiée de « très rare ». Il a également dénoncé ce qu’il considère comme une tendance à invoquer systématiquement les troubles mentaux présumés des auteurs lorsque des violences sont attribuées à l’extrême droite.
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