Tunisie
La mission en Tunisie d'une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre de négociations sur un programme d'aide au pays en crise, s'est achevée lundi avec des "progrès satisfaisants", a indiqué mardi l'institution, précisant que les discussions se poursuivaient.
"Les autorités tunisiennes et les services du FMI ont réalisé des progrès satisfaisants concernant les paramètres des politiques et réformes économiques (devant être menées par les) autorités, qu'encadrera un programme appuyé par le FMI", a indiqué l'institution dans un communiqué de presse.
"Les discussions se poursuivront au cours des prochaines semaines", précise le FMI. La Tunisie a sollicité un prêt, au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC), pour l'aider à faire face à une grave crise financière qui a empiré avec la pandémie de Covid-19 et l'instabilité politique dans le pays, marquée par le coup de force du président Kais Saied en juillet 2021.
Elle s'est également aggravée ces derniers mois avec la guerre en Ukraine, en raison de la dépendance de la Tunisie à ce pays et à la Russie pour ses importations alimentaires. Le montant du prêt avait été estimé à environ deux milliards d'euros par des experts.
Le FMI en conditionne l'octroi à la mise en place d'un programme de réformes. Le plan de réformes proposé par le gouvernement tunisien avait initialement été rejeté par la puissante centrale syndicale UGTT.
"Des progrès considérables sont faits par les autorités concernant leurs objectifs économiques et une bonne coordination se dégage entre les ministères et les organismes autour d'une vision commune qui est saine. Il convient à présent d'accélérer la mise en œuvre de ce programme", affirme dans ce communiqué Björn Rother, qui dirigeait cette mission.
Il relève que "l'économie tunisienne pâtit des conséquences économiques de la guerre en Ukraine" et notamment la flambée des prix agricoles, l'Ukraine et la Russie étant les principaux fournisseurs de blé du Maghreb.
"Les perspectives à court terme s'annoncent difficiles", souligne Björn Rother, car "la croissance va probablement se contracter tandis que les prix internationaux plus élevés de l'énergie et des produits alimentaires viendront s'ajouter à une inflation déjà très forte et accroître les déficits budgétaires et extérieurs, ainsi que la dette".
Ainsi, "des mesures urgentes sont requises pour réduire ces déséquilibres de manière durable du point de vue social".
"Face à l'urgence de la situation, une vaste adhésion sera essentielle pour réduire les déséquilibres macroéconomiques, asseoir la stabilité et soutenir la croissance créatrice d'emplois", affirme-t-il.
Par ailleurs, "la communauté internationale aura à nouveau un grand rôle à jouer s'agissant de soutenir le programme des autorités en mettant rapidement des fonds à disposition".
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