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Une mission de '' haut niveau'' de la CEDEAO à Conakry.

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Guinée

Alassane Ouattara est arrivé à Conakry vendredi. Le président ivoirien fait partie des chefs d’Etat de la CEDEAO qui rencontrent ce vendredi, les tombeurs de l’ex-président Alpha Condé. Les dirigeants de la région ne desserrent pas l’étau autour de la junte.

Jeudi, déjà, les dirigeants de l’Afrique de l’Ouest ont, lors d’un sommet extraordinaire à Accra, au Ghana, donné six mois à la junte pour organiser des élections présidentielles et législatives.

A Conakry, la mission dite de haut niveau dirigée par le président Ghanéen Nana Akufo-Addo reprécisera donc de vive voix , cette feuille de route aux nouveaux maîtres de la Guinée.

Une proposition à laquelle les acteurs politiques guinéens ne goûtent que très peu. La qualifiant de ‘’ trop courte’’. Plusieurs d’entre eux ont proposé, dans le cadre de la concertation lancée par les militaires, une transition qui doit aller au minimum à 24 mois. ‘

'’ Minimum pour la simple raison que l'adoption d'une nouvelle constitution, son élaboration, son adoption et sa vulgarisation et la mise en place d'institutions qui doivent supporter la constitution avant les élections - on ne peut pas massacrer ces étapes. Il faut tirer les leçons de la transition de 2010. Nous ne sommes pas pour aussi une transition longue, une transition qui va donner l'appétit, une transition qui va donner la possibilité à d'autres remous.", a expliqué Dansa Kourouma, président du Conseil de la société civile guinéenne.

Les échanges entre les dirigeants de la CEDEAO et la junte pourront donc avoir pour point d'achoppement, la durée de la période de transition. Tant les militaires guinéens ont déclaré cette semaine ‘’qu’un seul calendrier compte, celui du peuple guinéen qui a tant souffert’’. Reste à savoir si les chefs d'Etat auront suffisamment d'arguments pour amener les hommes en uniforme à mettre un peu d'eau dans leur vin à l'issue de la rencontre. Ou au contraire, en dépit des menaces, le Lieutenant Colonel Mamady Doumbouya décidera de rester droit dans ses bottes, galvaniser Les scènes de liesse observées lors de la chute du ‘’ professeur Condé’’.

Le prestige de la région ouest-africaine

Après Bamako, la CEDEAO semble ne pas accepter le coup de force à Conakry qui porte une nouvelle fois atteinte à son prestige.

Mais des voix reprochent à l’institution son mutisme présumé face à l’attitude des présidents qui ‘’ s’amusent à fouler au pied’’ les règles établies, dans le seul but de tenir le gouvernail de leur pays au-delà des prescriptions légales. Une course au troisième mandat qui porte en elle, les germes de la grogne de la rue. Et sert d’alibi aux militaires pour prendre le contrôle des palais présidentiels sur fond de concert de kalachnikovs.

’' La communauté inter n’a pas pipé un mot lorsque le président Alpha Condé est passé en force pour briguer un troisième mandat, encore moins lorsque plus de deux cents personnes ont été incarcérées après la présidentielle, excepté l’Union européenne. On est dans le schéma du médecin après la mort. Et c’est ça qu’il faut éviter. Dans le cas de la Guinée, on a vu venir une dégradation de la situation, on n’a même pas vu venir le coup d’Etat, la communauté internationale et la CEDEAO n’ont rien dit. Le mieux à faire, c’est d’accompagner la transition en Guinée, de créer les conditions d’une transition consensuelle et efficace, afin qu’elle permette à la Guinée de repartir sur des nouvelles bases. Plutôt que de venir monter sur des grands cheveux alors qu’on a rien fait avant’’, explique le journaliste et écrivain, Seidik Abba.

L'institution régionale est donc attendue sur le terrain de la prévention. ‘’ Chaque fois qu’il y ‘aura un grave recul de la démocratie, les militaires prendront prétexte pour faire un coup d’Etat. Ces coups d’Etat arrivent parce qu’il y a des conditions de coup d’Etat. Ils sont le résultat de la confiscation de la démocratie et du non-respect des institutions. Si l’on veut éviter ces situations, il faut respecter la démocratie et les institutions en place dans les pays ’’. explique l'écrivain.

Le cas Alpha Condé

un sujet retiendra sans nul doute aussi l’attention au cours des échanges entre les militaires et la mission dite de '' haut niveau'' dans la capitale guinéenne : le sort du président déchu. Nana Akufo-Addo et Alassane Ouattara ne reprendront certainement leurs avions sans avoir des nouvelles de leur désormais ex-homologue.

Dans quel état d’esprit se trouve l’octogénaire après la perte du pouvoir aux allures d’un coup d’Etat de palais ? Il est peut-être dans l’ordre des choses que les chefs d’Etat puissent lever des doutes sur ces points.

Revoir ces visages, pourrait certainement aussi permettre à Alpha Condé de savoir qu’il n’a pas été rangé dans les oubliettes . Souvent, c’est aussi bon pour le moral.

Les chefs d'Etat tenteront peut-être aussi d'obtenir la libération du '' prisonnier'' de la junte. Pour Seidik Abba, ''_ les militaires attendent d’avoir le contrôle de la situation, même s’ils l’ont à priori. Après, ils vont, élargir le président. Il n’est pas exclu que compte tenu de son âge, le président Alpha Condé a 83 ans, compte tenu de la pression internationale, les militaires acceptent qu’il quitte même le pays pour un exil. Ils considèrent aujourd’hui qu’il ne présente pas une menace pour eux. Et même le chef de la junte a été ramené en Guinée par Alpha Condé._'',

Une dette morale reconnue par les forces spéciales qui demandaient à Alpha Condé de témoigner devant une caméra, si elles avaient touché à '' un seul de ses cheveux'' lors de leur opération contre son régime. Une demande accompagnée d'une surprenante formule de politesse : excellence.

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