Les violences dans le sud de l'Éthiopie continuent de provoquer un important mouvement de population vers le Kenya. Selon les autorités locales et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 50 000 Éthiopiens ont déjà franchi la frontière pour échapper aux affrontements entre les régions d'Oromia et de Somali.
Éthiopie : au moins 50 000 déplacés fuient les violences vers le Kenya
Dans la ville frontalière kényane de Moyale, des milliers de déplacés attendent d'être enregistrés à l'école primaire Al-Huda, transformée en centre d'accueil. Ils bénéficient d'un statut de protection internationale temporaire en attendant une prise en charge humanitaire.
La majorité des personnes ayant fui sont des femmes et des enfants. Si certains ont trouvé refuge auprès de proches ou de familles d'accueil, beaucoup sont hébergés dans des écoles, des églises ou d'autres sites provisoires.
Les affrontements ont éclaté le 20 octobre après le hissage d'un drapeau de la région Somali dans la ville éthiopienne de Moyale, administrée conjointement par les régions de Somali et d'Oromia. Les violences ont fait plusieurs victimes et déclenché un exode massif vers le Kenya.
Face à l'urgence, le HCR a déployé une équipe d'intervention et travaille avec le gouvernement kényan, la Croix-Rouge et d'autres organisations humanitaires afin de fournir une assistance aux déplacés. L'agence onusienne prévient toutefois que le nombre de réfugiés pourrait encore augmenter, de nouveaux passages étant enregistrés chaque jour.
Cette crise s'ajoute aux nombreux conflits qui secouent l'Éthiopie. Le pays est confronté depuis plusieurs années à des affrontements armés dans les régions d'Oromia et d'Amhara, tandis que les combats ont repris dans le Tigré après une brève accalmie. Les tensions avec l'Érythrée voisine alimentent également les craintes d'une nouvelle déstabilisation dans la Corne de l'Afrique.