Les secours kényans poursuivaient vendredi les recherches dans les décombres d’un immeuble d’une quinzaine d’étages effondré dans le quartier d’Eastleigh, à Nairobi. Sept personnes sont portées disparues et les sauveteurs ont pu entrer en contact avec certaines d’entre elles, selon le ministère de l’Intérieur.
Kenya : 7 personnes portées disparues après l’effondrement d’un immeuble
Onze commerces situés au rez-de-chaussée et au sous-sol étaient occupés au moment du sinistre, a indiqué le ministre kényan de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, sur le réseau social X.
« Sept personnes ont été signalées disparues », a-t-il précisé, ajoutant que les équipes de secours avaient établi un contact avec certaines d’entre elles et poursuivaient leurs efforts pour les dégager. Le commandant de la police de Nairobi, Issa Mohamud, a également fait état de la voix d’une femme entendue sous les décombres, exprimant l’espoir de pouvoir la secourir.
Selon des témoins, des signes de fragilité étaient apparus avant l’effondrement. Un commerçant voisin a affirmé avoir observé les murs se fissurer progressivement pendant plusieurs minutes, avant que le bâtiment ne s’écroule dans un important nuage de poussière. Des ouvriers effectuaient encore des travaux de finition au moment de l’accident, selon Bibiye Mahmoud, présidente de l’Institution d’ingénierie et de technologie du Kenya.
Les opérations de sauvetage s’annonçaient complexes, le site étant entouré d’autres immeubles élevés. Les causes de l’effondrement n’étaient pas établies dans l’immédiat.
Des inquiétudes récurrentes sur la sécurité des bâtiments
L’accident ravive les préoccupations concernant la qualité des constructions dans la capitale kényane, où l’urbanisation rapide s’accompagne de fréquents manquements présumés aux normes de sécurité. John Ogallo, vice-président de l’Institution des ingénieurs du Kenya, a indiqué que des fissures avaient été signalées sur le bâtiment avant son effondrement. Il a également mis en garde contre les risques liés à l’utilisation de matériaux inadaptés.
Un rapport de l’Institut kényan pour la recherche et l’analyse des politiques publiques a recensé 86 effondrements de bâtiments entre 2009 et 2019, ayant causé environ 200 morts. Par ailleurs, un audit portant sur près de 15 000 bâtiments, mené par l’Inspection nationale du bâtiment, a révélé que 4,8 % présentaient un danger extrême et que 72,3 % étaient considérés comme non sûrs.
La croissance soutenue du secteur immobilier accentue les enjeux de contrôle et de conformité. Selon le bureau national des statistiques, le nombre de bâtiments achevés chaque année à Nairobi est passé de 20 025 en 2022 à 25 090 en 2025, renforçant les interrogations sur les moyens consacrés à la surveillance des chantiers et au respect des normes de construction.