Législatives au Maroc : des électeurs saluent le scrutin, malgré une forte abstention

Des partisans du Parti de la justice et du développement (PJD) lors d'un meeting électoral à Rabat, Maroc, le 22/09/ 2026.   -  
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À l’issue des élections législatives organisées mercredi, le PAM s’est imposé avec 97 sièges à la Chambre des représentants, devant le RNI, qui en obtient 66, et l’Istiqlal, crédité de 65 sièges. Le PJD, formation islamiste d’opposition, réalise pour sa part une progression marquée avec 54 sièges, contre seulement 13 en 2021.

Privé de majorité absolue, le PAM devra négocier la formation d’une nouvelle coalition. Le prochain chef du gouvernement, qui sera nommé par le roi Mohammed VI, devra être issu du parti arrivé en tête.

Parmi les personnalités susceptibles d’occuper le poste figurent Fouzi Lekjaa, ministre du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, ainsi que Fatima Ezzahra Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech. Cette dernière pourrait devenir la première femme à diriger le gouvernement marocain.

Une abstention au plus bas depuis 2007

Le scrutin a surtout été marqué par une participation de 38 %, soit environ 16 millions d’électeurs inscrits. Il s’agit du niveau le plus faible depuis 2007, lorsque la participation avait atteint 36,8 %. La mobilisation de la jeunesse apparaît particulièrement faible, dans un contexte marqué par le chômage, le coût de la vie et les difficultés d’accès aux services publics.

« Mon message au futur gouvernement est qu’il doit donner aux citoyens les moyens de faire valoir leurs droits, notamment face à la hausse des prix et du coût de la vie », témoigne Youssef, un commerçant de 25 ans.

Le scrutin intervient un an après d’importantes manifestations de jeunes Marocains, qui réclamaient notamment une amélioration du système de santé et de l’éducation. Ces mobilisations avaient également illustré les écarts entre les grands investissements engagés par le royaume et les difficultés persistantes d’une partie de la population.

Le retour du PJD

Le PJD, qui a fait de la lutte contre la corruption, du pouvoir d’achat et de l’emploi des jeunes les principaux axes de sa campagne, enregistre le principal gain électoral de l’opposition. Son secrétaire général, l’ancien Premier ministre Abdelilah Benkirane, avait revendiqué dans la nuit une avance dans plusieurs circonscriptions avant de faire état d’irrégularités dans certains bureaux de vote. Les autorités n’avaient pas encore réagi à ces accusations.

Sur le terrain, plusieurs électeurs ont néanmoins décrit une journée sans incident majeur. Abdelhaq Saidi, retraité de 60 ans, affirme avoir constaté une « excellente » ambiance dans les bureaux de vote, « sans aucune tension ni incident ». Ziad Benhaj, étudiant de 19 ans, souligne pour sa part que chaque électeur a pu soutenir « le parti qui lui convenait le mieux ».

Le pouvoir d’achat au cœur des attentes

Le prochain gouvernement devra concilier les ambitions économiques du PAM (croissance annuelle moyenne de 5 %, inflation contenue à 2 % et création d’au moins un million d’emplois sur cinq ans) avec les attentes sociales exprimées lors des récentes mobilisations.

Le Maroc poursuit parallèlement d’importants investissements liés notamment à la préparation de la Coupe du monde 2030, organisée avec l’Espagne et le Portugal : construction et rénovation de stades, développement du réseau ferroviaire à grande vitesse et modernisation des infrastructures aéroportuaires. Le contraste entre ces grands projets et les difficultés persistantes dans certaines régions alimente toutefois le débat sur un développement jugé inégal, y compris par le roi Mohammed VI.

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