Un présentateur de journal télévisé a été choisi mercredi pour devenir le prochain monarque du royaume de Tooro, en Ouganda, après le décès, le mois dernier, du souverain Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV à l’âge de 34 ans.
Ouganda : la mort du roi Oyo provoque un conflit de succession
Un comité de sélection du royaume de Tooro a annoncé avoir choisi Edward Rukidi Kijanangoma comme prince héritier à l’issue d’une procédure de sélection. Cousin du défunt roi, M. Kijanangoma est présentateur et rédacteur en chef au sein de la chaîne publique Uganda Broadcasting Corporation.
Il devrait être couronné cette semaine pour succéder au roi Oyo dont les funérailles auront lieu samedi dans une ville isolée près de la frontière congolaise et devraient rassembler des dizaines de milliers de personnes.
Le roi Oyo avait accédé au trône en 1995, alors qu'il n'avait que trois ans, un jeune âge qui lui a valu le surnom de "plus jeune roi du monde".
Tooro est l’un des cinq royaumes traditionnels reconnus par le gouvernement ougandais, bien qu’ils ne disposent d’aucune souveraineté officielle.
Le roi Oyo était célibataire au moment de son décès des suites d’un cancer. Le président ougandais Yoweri Museveni avait affirmé que le souverain avait laissé un jeune héritier né hors mariage, mais le comité de Tooro n’en a pas tenu compte en choisissant Kijanangoma.
Le choix de Kijanangoma, connu pour être un animateur de télévision terre-à-terre, visait sans doute à séduire les traditionalistes en quête de continuité et ceux qui s’opposent à ce qu’un autre enfant accède au trône.
Mais cette décision ne fait pas l'unanimité parmi les proches d’Oyo. "Nous sommes tout simplement très déçus", a déclaré Ruth Komuntale, la sœur d’Oyo, à la chaîne locale NBS. "Honnêtement, pour moi, c’est très dramatique, cela risque de semer la division et le trouble".
Elle a précisé que le testament écrit d’Oyo "indiquait clairement" qu’il avait laissé un héritier à son trône. L'identité de l'enfant du souverain n'a jamais été révélée au public.
De son côté, la reine Best Kemigisa, mère d'Oyo, a dénoncé l'emprise d'"un groupe autoproclamé de membres du clan" sur le processus de succession. Elle affirme que des soldats ont été stationnés autour du palais royal, plaçant sa famille dans un état d'"assignation à résidence".
La reine Best Kemigisa, a appelé les responsables de l'armée ougandaise et le président Yoweri Museveni à agir pour accorder à la famille "la liberté et la dignité nécessaires pour faire son deuil et enterrer le roi Oyo en paix".
La dépouille du jeune souverain a fait l'objet d'un hommage national à son retour en Ouganda vendredi dernier. Le roi Oyo devrait être enterré le 12 septembre.