Le pape Léon XIV appelle l'Europe à renforcer la protection des migrants

Avril 2026, Pape Léon XIV   -  
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En visite samedi sur l'île italienne de Lampedusa, principal point d'arrivée des migrants traversant la Méditerranée depuis l'Afrique, le pape Léon XIV a appelé l'Europe à intensifier ses efforts pour accueillir, protéger et intégrer les personnes en quête d'un avenir meilleur.

Ce déplacement, hautement symbolique, constitue un message adressé aux dirigeants européens et américains dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de montée des discours hostiles à l'immigration.

Premier pape américain de l'histoire de l'Église catholique, Léon XIV, qui a déjà critiqué la politique migratoire de l'administration du président Donald Trump, a choisi de passer le 4 juillet, jour du 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis, sur cette île devenue l'un des principaux symboles de la crise migratoire en Méditerranée.

Sa visite intervient également moins de deux semaines après l'adoption par l'Union européenne de nouvelles règles migratoires élargissant les possibilités de détention des migrants et autorisant l'installation de centres de rétention en dehors du territoire de l'UE.

« Depuis cette frontière de l'Europe, au cœur de la Méditerranée, nous mesurons toute l'ampleur du défi migratoire auquel les sociétés européennes sont confrontées », a déclaré le souverain pontife devant des centaines de fidèles.

Il a toutefois estimé que l'Europe disposait des moyens nécessaires pour répondre à cette crise « grâce à une stratégie de long terme combinant l'aide d'urgence avec des politiques d'accueil, de protection, d'accompagnement et d'intégration des migrants ».

Le pape a également insisté sur la nécessité de soutenir les pays en développement afin que leurs populations « ne soient pas contraintes de quitter leur terre pour survivre ».

Âgé de 70 ans, Léon XIV a débuté sa visite par un moment de recueillement devant les tombes anonymes de migrants morts en mer. Il s'est ensuite rendu sur le rivage rocheux de Lampedusa, où il est resté quelques instants face à la Méditerranée, théâtre de nombreux naufrages sur la route migratoire entre l'Afrique et l'Europe.

Le souverain pontife a rencontré une famille de migrants et s'est affiché aux côtés d'une mère enceinte et de ses enfants devant la « Porte de l'Europe », monument érigé en hommage aux personnes qui risquent leur vie pour rejoindre le continent européen.

Un hommage à la solidarité de Lampedusa

Située à seulement 145 kilomètres des côtes tunisiennes, Lampedusa est depuis des années en première ligne de la crise migratoire. L'île a accueilli des dizaines de milliers de migrants, mais aussi les dépouilles de nombreuses victimes de la traversée.

Le pape a salué les 6 000 habitants de l'île, notamment les pêcheurs et les professionnels du tourisme, pour « la solidarité exemplaire » dont ils font preuve envers les personnes secourues en mer.

Il a également rendu hommage aux migrants disparus, affirmant que « leur présence continue de nous interpeller autant que celle des survivants qui ont besoin de protection et d'assistance ».

En 2013, plus de 360 migrants avaient trouvé la mort dans le plus grave naufrage jamais survenu au large de Lampedusa. Depuis, de nombreux autres drames ont endeuillé cette route maritime.

Le pape s'est ensuite rendu sur le quai où débarquent les personnes secourues en mer avant de bénir une plaque dédiée au pape François, qui avait fait de Lampedusa la destination de son premier déplacement officiel après son élection en 2013.

Pour Filippo Ungaro, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), cette visite « envoie un signal fort à un moment où les débats internationaux privilégient davantage les questions de contrôle des frontières et de dissuasion que la protection des personnes et le partage des responsabilités ».

Léon XIV avait déjà dénoncé les politiques répressives contre l'immigration irrégulière, qualifiant d'« inhumain » le traitement réservé aux migrants par l'administration américaine.

La veille, à l'occasion des célébrations du 250e anniversaire des États-Unis, il avait appelé à davantage de modération dans le débat politique américain, rappelant que les vagues successives d'immigration avaient largement contribué à bâtir la nation.

La Méditerranée centrale demeure la route migratoire la plus meurtrière

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Méditerranée centrale reste la route migratoire la plus dangereuse au monde. Environ 1 330 personnes y sont mortes ou portées disparues l'an dernier.

D'après le HCR, plus de 14 000 migrants ont débarqué en Italie au cours du premier semestre de cette année, la majorité ayant quitté les côtes libyennes. Près de 60 % d'entre eux sont arrivés à Lampedusa.

Ces chiffres restent toutefois très inférieurs à ceux enregistrés en 2011, lorsque les soulèvements du Printemps arabe avaient provoqué l'arrivée de dizaines de milliers de migrants en quelques mois à la faveur de l'effondrement des contrôles aux frontières maritimes.

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