Burkina : des ONG exigent la libération du journaliste Atiana Serge Oulon

Burkina Faso Police sit outside the courtroom where 14 people, including former President Blaise Compaore, stand trial as charged with the murder of leader Thomas Sankara.   -  
Copyright © africanews
Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Amnesty International, Human Rights Watch, l’Observatoire Kisal et Reporters sans frontières (RSF) appellent les autorités du Burkina Faso à donner, de toute urgence, des nouvelles du directeur du journal L’Événement.

Le 24 juin 2024, des hommes armés, se présentant comme des agents des services de renseignement, ont enlevé Atiana Serge Oulon, 40 ans, à son domicile de Ouagadougou.

Quelques semaines plus tard, le capitaine Ibrahim Traoré a reconnu qu’un journaliste avait été arrêté pour avoir prétendument diffusé de fausses informations, une référence apparente à M. Oulon. Le gouvernement a, par la suite, confirmé qu’Atiana Serge Oulon et d’autres journalistes avaient été enrôlés de force dans les forces armées.

Oulon, journaliste d'investigation connu pour avoir dénoncé la corruption au sein des forces de sécurité, enquêtait depuis longtemps sur des cas présumés de détournement de fonds publics. Dans une enquête publiée en décembre 2022, il avait affirmé qu’un « capitaine [de l’armée] de la région du Centre-Nord » avait détourné 400 millions de francs CFA (environ 610 000 euros) destinés aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), des auxiliaires civils qui soutiennent l’armée.

Le grade et la région de déploiement de ce « capitaine » correspondaient à ceux du président Traoré. Quelques jours seulement avant l’enlèvement d’Oulon, les autorités avaient suspendu la parution de L’Événement après que le journal eut relancé les allégations de corruption.

RSF a rapporté que les forces de sécurité avaient détenu Oulon, ainsi que d’autres civils, dans au moins deux villas situées en face de l’ambassade des États-Unis à Ouagadougou, où ils les avaient violemment battus et privés de nourriture.

Depuis leur prise de pouvoir en septembre 2022, les autorités militaires du Burkina Faso ont fortement restreint l’espace civique en ciblant les médias indépendants, l’opposition politique et la société civile. Elles ont eu recours à une loi d’urgence de 2023 aux dispositions très larges, adoptée pour soutenir les efforts de lutte contre l’insurrection et réprimer la dissidence, notamment par le biais de la conscription illégale et motivée par des considérations politiques de journalistes, de militants de la société civile, de figures de l’opposition et de membres du pouvoir judiciaire.

À découvrir également

Voir sur Africanews
>