Éthiopie : le parti du Premier ministre remporte les élections législatives

Des partisans du parti au pouvoir brandissent un portrait du Premier ministre Abiy Ahmed lors d'un rassemblement lors des élections nationales en Éthiopie, le 26 mai 2026.   -  
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Le Parti de la prospérité (PP) du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a remporté une victoire écrasante aux élections législatives du 1er juin, a annoncé dimanche la commission électorale, lui attribuant près de 90 % des sièges.

Abiy est à la tête de l’Éthiopie depuis 2018 et fait l’objet de critiques croissantes en raison de son autoritarisme grandissant, ce qui contraste avec ses premières années durant lesquelles il avait remporté le prix Nobel de la paix pour avoir rétabli les relations avec l’Érythrée voisine.

Le PP était considéré comme le grand favori dans ce pays de 130 millions d’habitants face à une opposition divisée qui n’avait pas présenté de candidats dans de nombreuses circonscriptions.

Le Parti de la prospérité, au pouvoir, a remporté 438 des 486 sièges de la Chambre des représentants du peuple, selon un décompte de l'AFP établi après l'annonce des résultats par la présidente de la Commission électorale nationale (NEBE), Melatwork Hailu. Ces résultats représentent environ 90 % des sièges disputés.

Selon la NEBE, des élections ont eu lieu dans 501 des 547 circonscriptions du pays et environ 40 millions de personnes ont voté. Au total, 54 millions d'électeurs étaient inscrits.

La commission a indiqué que 143 bureaux de vote n'avaient pas ouvert le jour du scrutin pour des raisons de sécurité, ajoutant que le scrutin avait été interrompu dans plusieurs localités des régions d'Amhara et d'Oromia, sans donner plus de détails.

Alors que plus de 40 partis se sont présentés contre le PP, la plupart d'entre eux manquaient de moyens financiers et le PP n'avait pas d'adversaire dans 64 circonscriptions.

Le parti le plus représenté, Ezema, n'a présenté que 293 candidats, contre 461 pour le PP.

Les électeurs élisent les membres de la Chambre des représentants du peuple, qui désignent ensuite le Premier ministre parmi leurs rangs. Ce vote devrait avoir lieu entre fin septembre et octobre.

– Perturbations –

Le nord du Tigré, qui se remet encore d’un conflit dévastateur survenu entre 2020 et 2022 et qui a coûté la vie à 600 000 personnes, n’a pas participé au scrutin. Les tensions croissantes entre les autorités locales et fédérales font craindre une reprise du conflit.

Les deux camps ont déployé des forces à la frontière de la région et s'accusent mutuellement de préparer une nouvelle offensive.

Les bureaux de vote n'étaient pas non plus ouverts dans huit circonscriptions de l'Amhara, la deuxième région la plus peuplée du pays, où les milices nationalistes du Fano — qui s'affrontent aux forces fédérales depuis plus de trois ans — avaient menacé de perturber le processus électoral.

L'ACLED, une ONG spécialisée dans le suivi des conflits, a déclaré que le jour du scrutin, le Fano avait été impliqué dans « au moins 90 affrontements avec les forces de sécurité dans toute la région ».

En Oromia, la région la plus peuplée, un autre groupe rebelle — l'Armée de libération oromo (OLA) — a également perturbé le scrutin en s'en prenant à des chrétiens orthodoxes dans le district d'Arsi.

Au moins 11 civils — et peut-être bien davantage, selon des témoins interrogés par l'AFP — ont été tués lors d'attaques qui se sont déroulées sur plusieurs jours.

Selon l'ACLED, huit affrontements armés ont eu lieu entre l'OLA et les forces fédérales.

— Sécurité complexe —

L'Union africaine avait précédemment déclaré que les élections s'étaient déroulées dans un contexte sécuritaire difficile, notamment dans certaines régions de l'Oromia, de l'Amhara et du Tigré.

Les détracteurs affirment que l'Éthiopie n'a jamais organisé d'élections véritablement libres et équitables, les dirigeants en place remportant toujours les scrutins avec une large avance.

Depuis son arrivée au pouvoir, Abiy a supervisé une croissance rapide, due en grande partie à un boom de la construction impulsé par l'État et à la forte hausse des exportations, notamment de café.

Toutefois, selon la Banque mondiale, l'Éthiopie reste dépendante de l'aide internationale et 43 % de la population vit dans la pauvreté.

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