Le chef de l'opposition sierra-léonaise a fait part lundi de son inquiétude face aux liens présumés entre ce pays d'Afrique de l'Ouest et les réseaux internationaux de trafic de drogue et de crime organisé.
L'opposition sierra-léonaise s'alarme des liens présumés de son pays avec le trafic de stupéfiants
Dans une lettre ouverte adressée au président Julius Maada Bio, Abdulai Kargbo, chef du principal parti d'opposition, l'APC, a évoqué une saisie de plusieurs millions de dollars de drogue effectuée la semaine dernière sur un navire ayant quitté Freetown, la capitale de la Sierra Leone.
Jeudi, la police espagnole a déclaré avoir saisi des armes à feu et 30 tonnes de cocaïne d'une valeur de 700 millions de dollars à bord d'un navire battant pavillon comorien dans l'océan Atlantique.
Le navire avait quitté Freetown, la capitale de la Sierra Leone, et faisait route vers la mer Méditerranée. Parmi les personnes arrêtées figuraient 17 Philippins, cinq ressortissants néerlandais et un Surinamais.
Les autorités sierra-léonaises enquêtent sur les circonstances entourant cette saisie de cocaïne.
Dans sa lettre, consultée par l’AFP, M. Kargbo a déclaré qu’il écrivait par « profonde inquiétude et par un sens profond du devoir patriotique ».
Il a souligné « les rapports internationaux alarmants et répétés établissant un lien entre la Sierra Leone, les Sierra-Léonais, nos eaux territoriales, nos ports, nos frontières et des personnes associées à notre pays, d’une part, et le trafic international de stupéfiants et les réseaux criminels organisés, d’autre part ».
« Le fait qu’un navire lourdement armé, qui serait lié à des réseaux internationaux de criminalité organisée, ait pu quitter le territoire sierra-léonais sans être détecté suscite de graves craintes », a-t-il déclaré.
M. Kargbo a indiqué que cette affaire avait renforcé les soupçons, tant au niveau international qu’au niveau national, selon lesquels « des réseaux criminels pourraient opérer en bénéficiant d’une protection institutionnelle ou d’une influence politique ».
La présence confirmée en Sierra Leone ces derniers mois de Jos Leijdekkers, l’un des trafiquants de drogue les plus recherchés d’Europe, a soulevé des questions quant à ses liens potentiels avec le gouvernement.
Des images montrant le Néerlandais en compagnie de hauts responsables, dont Bio, suggèrent qu’il a noué des liens avec l’élite de Freetown.
Europol classe cet homme de 34 ans parmi les principaux acteurs du trafic de cocaïne.
En 2024, un tribunal de Rotterdam l’a condamné par contumace à 24 ans de prison pour avoir organisé le transport de près de sept tonnes de cocaïne et commandité un meurtre.
L’ONG suisse Global Initiative Against Transnational Organized Crime décrit l’Afrique de l’Ouest comme un point de transit pour la cocaïne fabriquée en Amérique latine et expédiée vers les pays consommateurs d’Europe.