RDC : "la joie de l'UDPS sera de courte durée", affirme Prince Epenge

Prince Epenge, opposant congolais   -  
Copyright © africanews
Africanews

En République démocratique du Congo, les tensions politiques restent vives après la marche organisée à Kinshasa par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti au pouvoir. Cette mobilisation visait à soutenir les sanctions visant l’ancien président Joseph Kabila et à relancer le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle.

Si l’opposition reconnaît que cette manifestation s’inscrit dans un cadre démocratique, elle dénonce en revanche un traitement inégal. Elle accuse les autorités de réprimer systématiquement ses propres rassemblements. Il n’y a rien d’anormal à ce que l’UDPS manifeste. Mais nous faisons face à une politique de deux poids deux mesures », affirme Prince Epenge, Porte parole de la coalition Lamuka. Selon lui, les marches de l’opposition sont régulièrement dispersées, avec des blessés et des arrestations. Pour l’opposition, les sanctions américaines ne permettront pas de résoudre la crise politique interne. La coalition Lamuka appelle depuis plusieurs mois à un dialogue inclusif, y compris avec certains groupes armés, une proposition rejetée par le camp présidentiel.

Elle met également en garde contre les ambitions du président Félix Tshisekedi concernant une réforme de la Constitution. Si les règles du jeu démocratique sont modifiées, les conséquences pourraient être les mêmes que pour le président Félix Tshisekedi, prévient Prince Epenge, en référence aux mesures prises notamment contre Joseph Kabila ou encore Corneille Nangaa. Au cœur des inquiétudes, l’article 220 de la Constitution, qui interdit toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels. Pour l’opposition, toute tentative de révision sur ce point constituerait une dérive grave.

« Il ne s’agit pas d’une simple réforme, mais d’un véritable coup de force constitutionnel », estime la coalition, qui promet de s’y opposer fermement.

Dans ce climat tendu, l’opposition prévoit une grande mobilisation dans les prochains jours, avec la participation des partis de Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Delly Sesanga. De son côté, la majorité présidentielle défend la nécessité d’« adapter » certains textes pour renforcer la souveraineté nationale et corriger des dysfonctionnements institutionnels. Une proposition de loi visant à organiser un référendum sur la réforme constitutionnelle a déjà été déposée à l’Assemblée nationale.

À découvrir également

Voir sur Africanews
>