Mali : le président de la transition, Assimi Goïta, devient aussi ministre de la Défense 

Le général Assimi Goïta, chef de la junte malienne, assiste aux funérailles de l'ancien ministre de la Défense Sadio Camara.   -  
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Le chef de la junte malienne, Assimi Goïta, assumera également les fonctions de ministre de la Défense, selon un décret publié lundi, à la suite du décès de l'ancien ministre lors d'attaques de grande ampleur. 

Dans ses nouvelles fonctions, Assimi Goïta sera secondé par le général Oumar Diarra, selon un autre décret. 

Diarra occupait auparavant le poste de chef d'état-major, mais il est désormais ministre délégué auprès du ministre de la Défense. 

Les deux décrets ont été lus sur la chaîne publique ORTM. 

Une décision qui intervient dans une période difficile alors que le Mali a récemment subit plusieurs attaques coordonnées.

"Le président de la Transition, chef de l'État, vu la Constitution et la Charte révisée de la Transition, décrète : Article 1. Le président de la Transition, chef de l'État et commandant suprême des forces armées, exerce les fonctions de ministre de la Défense et des Anciens combattants", a déclaré à la télévision nationale, Alfousseyni Diawara, ministre, secrétaire général du président de la République

Le pays est confronté à une crise sécuritaire à la suite d'un assaut contre les bastions de la junte mené par des séparatistes touaregs et des djihadistes liés à Al-Qaïda il y a plus d'une semaine, au cours duquel le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué par une voiture piégée devant son domicile. 

Les séparatistes et les djihadistes ont réussi à s'emparer de la ville clé de Kidal, dans le nord du pays, lors de leur assaut contre plusieurs sites de la junte.

Les combats ont fait au moins 23 morts, l'UNICEF, l'agence des Nations unies pour l'enfance, ayant indiqué que des civils et des enfants figuraient parmi les morts et les blessés. 

Des militants de la branche d’Al-Qaïda dans la région du Sahel – le Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (JNIM) – ont uni leurs forces à celles du Front de libération de l’Azawad (FLA), un mouvement séparatiste de l’ethnie touareg, lors des attaques contre la junte et ses mercenaires russes. 

À la suite des attaques perpétrées le week-end des 25 et 26 avril, les assaillants avaient annoncé un blocus de la capitale Bamako en représailles au "soutien de la population à l’armée". 

Toutefois, ce blocus n’a été que partiellement efficace, selon un correspondant de l’AFP présent dans la ville. 

"Les djihadistes se contentent de nous harceler", a déclaré à l'AFP un officier chargé de patrouiller l'autoroute reliant la ville de Kayes à Bamako. 

"Nous ne les avons en fait rencontrés nulle part. Ils jouent au chat et à la souris avec nous, mais — il faut bien l'admettre — la population est en proie à la panique."

Un responsable d'une société de transport opérant sur la ligne Bamako-Sikasso a toutefois indiqué que son entreprise avait "suspendu tous les départs vers Bamako jusqu'à nouvel ordre."

Les attaques coordonnées du week-end du 25 et du 26 avril représentent l'assaut le plus important mené contre le Mali depuis près de 15 ans. 

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