Guerre en Ukraine : des Kenyans piégés et envoyés combattre pour la Russie

Bibiana Wangari montre une photo de son fils Charles, tué en Ukraine, lors d’une cérémonie à Nyeri, Kenya.   -  
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Des dizaines, voire des centaines de Kenyans se battent actuellement en Ukraine après avoir été recrutés par l’armée russe.

Attirés par de prétendues offres de travail à l’étranger, beaucoup affirment avoir été trompés, puis envoyés de force au front.

« Ils devraient avoir honte d'envoyer qui que ce soit au front », déclare Charles Ojiambo Mutoka, dont le fils Oscar a été tué en Ukraine. « Cette guerre n’a absolument rien à voir avec les Africains. Elle ne nous concerne pas et ne nous concernera jamais. Nous ne menons que nos propres guerres et nous n’avons jamais fait combattre les Russes à notre place. Alors pourquoi envoyer nos compatriotes ? »

Selon d’anciens recrues, tout commence à Nairobi, via des agences de recrutement. Des groupes WhatsApp rassurants, des contrats illisibles et parfois des menaces de mort : une fois en Russie, le retour devient impossible. Certains ont perdu un bras ou une jambe, et beaucoup ne sont jamais revenus.

Grace Gathoni, dont le mari Martin était parti en Russie comme chauffeur, raconte : « S’ils leur reste encore un soupçon d’humanité, ils pourraient ramener mon mari pour l’enterrer, s’il est vraiment mort. Mais il l’est, il est mort, car même l’ambassade de Russie a confirmé avoir retrouvé son corps. »

Pour l’Ukraine, il ne fait aucun doute que Moscou recrute désormais au-delà de ses frontières.

« Nous constatons une augmentation du nombre d’Africains envoyés au front. Il est triste de dire qu'ils servent de chair à canon. La Russie ne peut plus recruter et il lui est plus avantageux de se tourner vers d'autres pays, en profitant des difficultés économiques des populations », explique Yurii Tokar, ambassadeur d’Ukraine au Kenya.

Les autorités kényanes estiment qu’environ 200 citoyens ont été envoyés combattre en Ukraine. Ce chiffre est largement considéré comme sous-estimé, selon des témoignages recueillis par l’AFP.

Des cliniques de Nairobi confirment avoir examiné des dizaines de candidats avant leur départ. Certains savaient ce qui les attendait, d’autres non.

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