Barbra Itungo Kyagulanyi, épouse de l’opposant ougandais Bobi Wine, a décrit depuis son lit d’hôpital un raid nocturne mené par des hommes armés dans leur domicile de Kampala, alors qu’ils recherchaient son mari. Elle affirme avoir été agressée physiquement et psychologiquement, tandis que leur résidence a été pillée.
Ouganda : Barbra Kyagulanyi, épouse de l’opposant Bobi Wine, hospitalisée après un raid armé
Selon son témoignage, relayé par plusieurs médias, l’incident s’est produit après qu’elle ait allumé le téléphone de son mari, laissant penser aux assaillants que celui-ci se trouvait à la maison. « Ils sont venus pour me terroriser, pour me mettre dans cette situation afin que mon mari puisse se manifester », a déclaré Mme Kyagulanyi. Elle raconte avoir été saisie par les cheveux, frappée contre des poteaux dans le salon et immobilisée sous le poids de plusieurs assaillants, qui lui ont demandé de révéler le mot de passe de son mari. Elle affirme qu’elle a refusé et que les intrus ont volé tous les biens de valeur présents dans la maison.
Bobi Wine, figure de l’opposition et ancien chanteur devenu politicien, a déclaré sur les réseaux sociaux que sa femme avait été hospitalisée après avoir été menacée par des soldats armés et étranglée lors du raid. L’opposant, en fuite depuis l’élection présidentielle du 15 janvier, a dénoncé ces événements comme un acte d’intimidation. Selon les résultats officiels, le président sortant Yoweri Museveni, âgé de 81 ans, a été réélu pour un septième mandat avec 71,65 % des voix, contre 24,72 % pour Wine, qu’il qualifie de « vol manifeste ».
Le contexte post-électoral en Ouganda a été marqué par des violences, des menaces contre les figures de l’opposition et une coupure de l’internet durant plusieurs jours. Le fils de Museveni et chef de l’armée, Muhoozi Kainerugaba, a menacé de traquer et tuer Wine, tandis que l’armée a affirmé avoir tué 30 membres du parti de l’opposant et arrêté plus de 2 000 personnes liées à ce mouvement.
La communauté internationale s’est dite préoccupée. L’Union européenne a exprimé son inquiétude face aux violences pré et post-électorales, et le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré suivre la situation, notamment les arrestations et les violences visant les opposants. L’avocat de Wine, Robert Amsterdam, a appelé les instances internationales à garantir la sécurité de son client et à lui permettre de rejoindre sa famille sans danger, soulignant que Bobi Wine n’a commis aucun crime et que sa seule faute est d’exercer pacifiquement ses droits politiques et fondamentaux.