RDC : une société américaine accuse des proches de Tshisekedi de corruption

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, prend la parole à l'Institut américain de la paix, le 4 décembre 2025, à Washington.   -  
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Une société financière américaine a intenté une action en justice aux États-Unis contre la République démocratique du Congo et plusieurs hauts responsables, alléguant une tentative de corruption, selon un document consulté par l’AFP mercredi.

La société PayServices, basée dans l’Idaho, affirme qu’elle a été invitée fin 2023 à créer une coentreprise afin de "revitaliser la banque publique de la RDC et de numériser et moderniser l’ensemble de l’économie nationale".

L’entreprise indique avoir accepté l’accord et investi plus de 72 millions de dollars en technologies et services, dans le cadre d’un contrat prévoyant que l’État congolais verse 20 millions de dollars "dans un délai de deux semaines".

Par la suite, "plusieurs responsables corrompus en RDC" — agissant "à l’insu du président de la RDC" — auraient comploté pour exiger des pots-de-vin de PayServices, selon le document. Parmi les personnes citées figurent le ministre des Entreprises publiques, le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque centrale.

Des proches collaborateurs du président congolais Félix Tshisekedi, dont son directeur de cabinet, sont également mentionnés. Lorsque leurs exigences ont été refusées, les "défendeurs individuels ont alors conspiré pour saboter et violer le contrat et mettre fin" au projet, affirme la société.

PayServices réclame 20 millions de dollars de dommages-intérêts ainsi que le remboursement de son investissement.

Le ministère des Entreprises publiques a rejeté ces accusations dans un communiqué, les qualifiant de "dépourvues de toute base juridique, budgétaire ou comptable". Il accuse la société de s’être présentée à tort comme une banque alors qu’elle ne dispose pas du "statut légal d’établissement bancaire".

"Dans ce contexte, les autorités… ont mis fin à tout suivi administratif de ce dossier afin de protéger le Trésor public", a déclaré le ministère.

Dans sa plainte, PayServices affirme également avoir obtenu "une rencontre directe" en mai dernier avec Félix Tshisekedi, lequel se serait dit "choqué d’apprendre l’existence de ces blocages".

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