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RDC – Mort du juge Yanyi : enquête pour "meurtre" (ministre de la Justice)

RDC – Mort du juge Yanyi : enquête pour "meurtre" (ministre de la Justice)

République démocratique du Congo

Le ministre congolais de la Justice a annoncé mardi soir l’ouverture d’une enquête judiciaire pour “élucider les circonstances” du “meurtre” d’un magistrat en charge d’un procès anticorruption sans précédent en République démocratique du Congo.

Le juge Raphaël Yanyi Ovungu est mort dans la nuit du 26 au 27 mai, moins de 48 heures après avoir présidé la deuxième audience de ce procès ayant pour principal accusé Vital Kamerhe, figure centrale de la vie politique congolaise, directeur de cabinet et allié politique du chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Le parquet avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire et demandé une autopsie pour déterminer les “causes ou moyens” du décès.

Le magistrat est décédé d’une “hémorragie intracrânienne” résultant d’un “traumatisme” crânien et des “coups” reçus “à un endroit très sensible du crâne”, a dévoilé le ministre, Célestin Tunda Ya Kasende, en condamnant au nom du gouvernement un “acte ignoble”.

Le ministre citait les conclusions d’une d’autopsie “en deux étapes” (“corporelle” et des “organes internes”) à laquelle ont participé selon lui un médecin légiste congolais et l’un de ses collègues de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco).

“Au vu de ces rapports”, le ministre a annoncé dans un communiqué “l’ouverture d’une enquête judiciaire devant permettre d‘élucider les circonstances de ce meurtre, d’en identifier les auteurs, et de les sanctionner avec toutes la rigueur de la loi”.

Le gouvernement “appelle la population au calme”, selon le communiqué.

Le jugement dans ce procès doit être rendu samedi. Le 11 juin, le parquet a requis 20 ans de prison à l’encontre de M. Kamerhe et de son principal coaccusé, un entrepreneur libanais. 

Tous deux sont poursuivis pour détournement de quelque 50 millions de dollars de fonds publics.
L’exécutif “marque son soutien à l’ensemble du corps des magistrats”, a ajouté le ministre. “L’autopsie a également révélé l’existence de substances toxiques à doses non létales dans le corps du défunt”, selon le communiqué.

“Coups reçus à un endroit sensible”

Ces substances “ne sont pas la cause directe du décès”, a expliqué le ministre à la presse. “La cause principale du décès, ce sont les coups qu’il a reçus et particulièrement à un endroit très sensible du crâne”, a-t-il insisté.

Des rumeurs d’empoisonnement du juge avaient circulé dans Kinshasa à l’annonce de sa mort. Le juge âgé d’une cinquantaine d’année était apparu en bonne santé lors des deux premières audiences de ce procès retransmis en direct à la télévision, et qui captive les Congolais.

Après son décès, le procès avait repris avec un nouveau président à la tête du tribunal qui siège dans la cour de la prison centrale de Kinshasa, où M. Kamerhe est en détention préventive depuis le 8 avril.

M. Kamerhe avait présenté ses condoléances à la famille du juge.

Son parti, l’Union pour la nation congolaise (UNC), avait demandé aux autorités de faire la lumière sur “le décès inattendu du juge”, dénonçant “des critiques tendancieuses dirigées contre son président national (Vital Kamerhe) et ses avocats” après cette “mort inopinée”.

Ancien président de l’Assemblée nationale, passé à l’opposition, M. Kamerhe, 61 ans, a été le principal allié de Félix Tshisekedi lors de l‘élection présidentielle du 30 décembre 2018 qui a conduit à la première transition pacifique du pouvoir.

AFP

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