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Le féminicide, cette plaie de la société sud-africaine

Le féminicide, cette plaie de la société sud-africaine

Afrique du Sud

L’Afrique du Sud, l’un des pays les plus exposés aux violences de diverses sortes, a été ce vendredi le théâtre d’une gigantesque manifestation dans la ville de Johannesburg. Des centaines de personnes, majoritairement des femmes, s’y sont rassemblées pour crier leur ras-le-bol contre la vague de féminicides qui atteint des sommets au pays de Mandela.

Sur les pancartes de certains protestataires, l’on pouvait lire “Ca suffit !”, “Non, c’est non !” ou encore, “Maîtrise-toi, tu n’es pas un animal”. En ligne de mire, le gouvernement à qui les mécontents ont vite fait de réclamer des mesures concrètes et immédiates pour mettre fin à ce fléau qui défigure la société sud-africaine depuis fort longtemps.

En Afrique du Sud, de nombreux féminicides (meurtres de femmes et de filles, NDLR) ont été enregistrés ces dernières semaines, soulevant une vague d’indignations dans un pays malheureusement abonné aux violences. L’un des cas les plus ignobles étant celui d’une étudiante de 19 ans. L’infortunée a été violée et tuée dans un endroit plutôt inhabituel ; un bureau de poste.

Tous les jours, je suis confrontée à des enfants qui viennent frapper à ma porte pour se plaindre de viol.

Maite Nkoana-Mashabane, la ministre Sud-africaine des Femmes, donne un chiffre alarmant de féminicides commis dans son pays. Selon elle, plus de 30 femmes ont été tuées par leur mari ou compagnon, rien que dans le mois d’août dernier.

Tshego Modisane est enseignante dans le township de Soweto et a participé à la manifestation de vendredi. Elle déclare : “Tous les jours, je suis confrontée à des enfants qui viennent frapper à ma porte pour se plaindre de viol. Ces filles n’ont nulle part où aller.”

Les chiffres relatifs aux violences faites aux femmes en Afrique du Sud donnent le vertige. Jeudi, les statistiques ont révélé une augmentation de 4% des viols au cours de cette année. La police a noté des plaintes pour viol qui s‘élèvent à 41.583, soit l‘équivalent de… 110 viols commis chaque jour.

La grogne des populations, étouffées par un si grand nombre de crimes commis contre la gente fémininie, est montée jusqu’au président Cyril Ramaphosa. Le numéro un sud-africain a ainsi fait la semaine dernière la promesse de corser la lutte contre les féminicides et autres crimes y relatifs.

Le président sommé de joindre l’acte à la parole

Cyril Ramaphosa : “Les hommes qui tuent et violent doivent rester toute leur vie en prison. La loi doit changer pour qu’un violeur ou un meurtrier soit condamné à la perpétuité, sans possibilité de mise en liberté provisoire.”

Mais pour les contestataires de ce vendredi désireux de voir du concret, il faut plutôt “des actes, pas des mots”. Lors de la marche de Johannesburg, des manifestants ont sciemment attendu le passage devant la Bourse de la ville pour déployer une banderole sur laquelle l’on pouvait lire “Pendant que le rand (la monnaie sud-africaine, NDLR) monte, les femmes tombent. Cher Cyril (le président sud-africain), combien vaut ma sécurité ?”

Quelques hommes se sont toutefois joints aux manifestantes, notamment dans le quartier financier de Sandton. Siboso Mohlwayo est étudiant en astronomie et a lui aussi participé à la marche. Décraint la faible participation des hommes à ce rassemblement, il s’exprime en ces termes : “Ils auraient dû venir, car c’est leur responsabilité d‘être humain, de participer à ce combat.”

L’Afrique du Sud n’est pas seulement connue pour être le pays de Nelson Mandela et de Chaka, le roi des Zoulous. Le pays le plus industrialisé du continent africain est malheureusement aussi célèbre pour faire partie des nations à risque de la planète, enregistrant des taux de criminalité très élevés. D’après un chiffre fourni par les autorités sud-africaines, la période fiscale 2018-2019 a permis d’enregistrer jusqu‘à 21.022 meurtres, ce qui équivaudrait à 58 personnes tuées chaque jour.

L’une des grandes causes d’une hausse si effrayante de la criminalité est la misère, qui touche particulièrement les populations noires, longtemps cantonnées dans des conditions de pauvreté extrême par le défunt régime d’apartheid. Ce régime pratiquait, entre autres, une politique d’expropriation des Noirs au profit de la minorité blanche.

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