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Soudan : les pourparlers et les cours suspendus après la mort de 5 lycéens

Soudan : les pourparlers et les cours suspendus après la mort de 5 lycéens

Soudan

Les autorités soudanaises ont annoncé la fermeture de l’ensemble des établissements scolaires à partir de mercredi et ce “jusqu‘à nouvel ordre”, après la mort de cinq lycéens, tués lundi lors d’une manifestation dans une ville du centre du pays.

La mort des cinq adolescents à Al-Obeid, dans le Kordofan-Nord, a également entraîné la suspension de négociations prévues mardi entre le mouvement civil et les militaires au pouvoir, les négociateurs de la contestation ayant décidé de se rendre dans cette ville.

Le Conseil militaire de transition a “ordonné aux gouverneurs de tous les Etats de fermer les jardins d’enfants, les écoles primaires et les lycées à partir de demain (mercredi, ndlr) jusqu‘à nouvel ordre”, selon l’agence de presse officielle SUNA.

Cette annonce intervient alors que des centaines de lycéens et étudiants se sont rassemblés mardi à Khartoum pour dénoncer la mort de leurs camarades, âgés entre 15 et 17 ans d’après le Fonds des Nations unies pour l’Enfance (Unicef).

“Tuer un étudiant, c’est tuer la nation”, ont scandé dans plusieurs quartiers de la capitale les jeunes manifestants, dont certains portaient leur uniforme scolaire, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les protestataires accusent les redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF), dirigées par le numéro deux du Conseil militaire à la tête du pays, Mohammed Hamdan Daglo, d’avoir ouvert le feu contre la foule dénonçant les pénuries de pain et de carburant à Al-Obeid.

“Tuer des civils pacifiques est un crime inacceptable qui ne doit pas rester impuni”, a déclaré le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane.

L’Unicef a appelé mardi les autorités à “enquêter et traduire en justice tous les auteurs de violences contre des enfants”.

Pays pauvre à l‘économie exsangue, le Soudan est en proie à un mouvement de contestation depuis décembre. Déclenchées après le triplement du prix du pain, les manifestations se sont transformées en opposition au président Omar el-Béchir, destitué et arrêté par l’armée le 11 avril après 30 ans au pouvoir.

Elles se sont poursuivies pour réclamer un gouvernement civil aux militaires ayant pris le pouvoir.

Négociations suspendues

Après la mort des cinq lycéens, plusieurs négociateurs du mouvement de contestation se sont rendus à Al-Obeid, d’où ils ont annoncé suspendre les pourparlers avec les généraux au pouvoir.

“Il n’y aura pas de négociations aujourd’hui car nous sommes toujours à Al-Obeid”, a déclaré mardi à l’AFP un des négociateurs, Taha Osman, joint par téléphone. Satea al-Haj, un autre chef de la contestation également à Al-Obeid, a confirmé.

“Nous ne pouvons pas nous asseoir à la table des négociations avec ceux qui permettent de tuer des révolutionnaires”, a aussi déclaré Siddig Youssef, l’un des meneurs de la contestation.

Les négociations devaient permettre de finaliser certains points en suspens après la conclusion d’un accord de partage du pouvoir le 17 juillet. Obtenu après de difficiles négociations, il prévoit un Conseil souverain composé de cinq militaires et six civils chargé de mener la transition pendant un peu plus de trois ans.

De son côté, l’Association des professionnels soudanais (SPA), fer de lance de la contestation, a appelé à de nouvelles manifestations dans tout le pays pour dénoncer le “massacre” de lundi.

“Les forces Janjawid et des tireurs d‘élite ont tiré sans merci à balles réelles sur des écoliers”, a accusé la SPA, en référence aux RSF, dont des hommes ont été recrutés parmi les Janjawid, milices accusées d’atrocités au Darfour (ouest). 

Selon la SPA, plus de 60 personnes ont également été blessées.

Couvre-feu

Depuis lundi, les autorités ont imposé un couvre-feu nocturne à Al-Obeid et dans trois autres localités du Kordofan-Nord.

“Les morts sont des enfants et cela ajoute à la brutalité”, a dénoncé un dirigeant de la contestation, Ismaïl al-Taj.

Depuis décembre, la répression de la contestation a fait plus de 250 morts, dont 127 manifestants tués le 3 juin dans la dispersion brutale d’un sit-in organisé à Khartoum pour réclamer un pouvoir civil, selon un bilan d’un comité de médecins proche de la contestation.

Une enquête officielle a conclu samedi à l’implication de huit paramilitaires —dont trois au moins sont membres des RSF— dans le massacre du 3 juin. Mais selon cette enquête, seules 17 personnes ont été tuées le 3 juin, et 87 la semaine qui a suivi.

Depuis samedi, des manifestants défilent à Khartoum contre les conclusions de cette enquête exonérant de toute responsabilité le Conseil militaire, qui a toujours affirmé ne pas avoir ordonné la dispersion du sit-in.

AFP

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