L’opposition somalienne a accusé le chef de l'État d’avoir envoyé des troupes pour arrêter le président de la Cour suprême après que ceelle-ci eut déclaré « illégale » la prolongation de son mandat.
Somalie : à Mogadiscio, des Somaliens réagissent à la crise politique en cours
À Mogadiscio, des Somaliens réagissent à l’ampleur que prend ces rivalités politiques qui ont déjà dégénéré en affrontements violents.
« La Cour suprême a raison et sa décision est juste. Partout dans le monde, tous les citoyens et tous les gouvernements se conforment aux décisions de justice, et l’État de droit doit être respecté. », a déclaré Abdullahi Hassan Sheikh, habitant de Mogadiscio.
La plupart des partis d’opposition et régionaux ont boycotté le vote sur la modification de la Constitution lorsqu’il a été soumis au Parlement en mars, et certains ont affirmé avoir été empêchés d’y assister. Des violences ont éclaté en juin dans la capitale, Mogadiscio, lorsque des factions politiques se sont affrontées sur cette question.
« À mon avis, cette décision de justice est juste, et j’appelle le président de la Somalie, M. Hassan Sheikh Mohamud, à ne pas provoquer de guerre civile dans le pays. », a indiqué Osman Mohamed Osman, habitant de Mogadiscio.
Le président Hassan Sheikh Mohamud a tenté de faire évoluer la Somalie vers des élections pleinement démocratiques, en remplaçant le système clanique dans lequel les anciens choisissent leurs représentants. Mais ses opposants considèrent ces réformes comme une prise de pouvoir, en particulier après que le président a proclamé une « période de transition » qui lui a accordé une année supplémentaire au pouvoir alors que son mandat prenait fin en mai.
« Je considère que la décision de justice est erronée car, lorsque la nouvelle Constitution a été approuvée, la Cour était opérationnelle. Le président de la Cour était également présent à ce moment-là. » a expliqué Mohamed Farah Ahmed, habitant de Mogadiscio.
Cette flambée de violence survient alors que la Somalie est également confrontée à une crise sécuritaire liée à l’insurrection de longue date menée par le groupe Al-Shabaab, affilié à Al-Qaïda, qui contrôle de vastes portions du pays. Les bailleurs de fonds internationaux, frustrés par l’absence de progrès dans la lutte contre les militants et par le chaos politique sans fin, ont considérablement réduit leur financement de la mission militaire internationale en place depuis près de 20 ans.
L’Ouganda, principal contributeur à la force de l’Union africaine, a annoncé cette semaine qu’il retirerait toutes ses troupes d’ici fin 2027. Washington a suspendu toutes ses contributions à une mission logistique essentielle des Nations unies dont dépend la coalition militaire.