Chypre : le difficile parcours des migrants en quête d’asile

Des membres du projet « Western Balkans Criminal Justice » (WBCJ) d'Eurojust se sont rendus au centre d'accueil pour migrants de Pournara, 30 octobre 2026.   -  
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AP Photo/Petros Karadjias

À Chypre, le centre d’accueil de Pournara, près de Nicosie, offre un refuge temporaire à des centaines de migrants en attente d’une décision sur leur avenir. Parmi eux, Mbah Damaris Menemah, une Camerounaise de 24 ans, raconte un parcours marqué par l’exil et le rejet.

Elle explique avoir quitté son pays après que sa famille a découvert son orientation sexuelle. Selon elle, les lesbiennes restent largement rejetées dans son environnement d’origine. Après avoir obtenu un visa étudiant pour le nord de Chypre, elle dit avoir traversé la zone tampon contrôlée par les Nations unies avec l’aide de passeurs avant de rejoindre le sud de l’île, où elle a déposé une demande d’asile.

Aujourd’hui, la jeune femme attend toujours une réponse. Elle espère que son dossier pourra être examiné par Chypre ou par un autre pays de l’Union européenne.

« Ils ne m’ont pas encore communiqué de décision, mais ils m’ont assuré que ce n’est pas nécessairement Chypre qui allait traiter mon dossier. Peut-être qu’un autre pays de l’Union européenne pourra s’en charger », explique-t-elle.

Le centre de Pournara accueille actuellement 343 migrants, dont 72 mineurs non accompagnés. Selon les responsables, la plupart sont originaires de Somalie, du Soudan, du Cameroun, du Congo, de Syrie ou encore du Burundi.

Rénové grâce à plusieurs millions d’euros de financements de l’Union européenne et de l’Organisation internationale pour les migrations, le site a profondément changé. Il y a quelques années encore, cet ancien camp militaire abandonné était constitué de tentes surpeuplées, exposées aux fortes chaleurs de l’été et aux conditions difficiles de l’hiver.

Désormais, les migrants disposent de bâtiments préfabriqués pour l’hébergement, d’un service médical, d’un accompagnement psychologique, d’interprètes disponibles en continu ainsi que d’espaces dédiés aux enfants et aux activités sportives.

Membre de l’Union européenne depuis 2004, Chypre reste une porte d’entrée migratoire complexe. Seule la partie sud de l’île, où siège le gouvernement reconnu internationalement, bénéficie pleinement des avantages liés à l’adhésion européenne.

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