En Ouganda, le lénacapavir suscite l’espoir face au VIH, malgré les pénuries

Une infirmière administre du lenacapavir à Tambudzai Ndlovu à Harare, au Zimbabwe, le jeudi 19 février 2026.   -  
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À Mbarara, dans l’ouest de l’Ouganda, le lénacapavir nourrit de nouveaux espoirs dans la lutte contre le VIH.

Ce médicament injectable, autorisé aux États-Unis en 2025 pour la prophylaxie préexposition (PrEP), permet de prévenir l’infection grâce à deux injections par an. Son efficacité, démontrée dans deux études majeures menées auprès de personnes exposées à un risque élevé, en fait une alternative prometteuse aux traitements préventifs quotidiens.

Sur le terrain, toutefois, l’accès à cette innovation demeure limité. Les quelques milliers de doses disponibles dans le pays sont réparties entre plusieurs districts prioritaires, dont Mbarara. Faute de lénacapavir, certains patients se voient proposer le cabotégravir, une autre PrEP injectable administrée tous les deux mois.

La demande est particulièrement forte parmi les travailleuses du sexe, qui apprécient la durée d’action du nouveau traitement et la possibilité de ne plus devoir prendre quotidiennement des comprimés. « Six mois au moins peuvent offrir un répit », souligne Immaculate Nyamwija, fondatrice de l’organisation Action for Improved Health and Wealth, qui accompagne des femmes confrontées à la stigmatisation et leur fournit des services de prévention.

Lisa Mutoni, travailleuse du sexe rwandaise installée en Ouganda, témoigne de ces difficultés d’approvisionnement. Après avoir pris une PrEP orale pendant un an, elle a opté pour le cabotégravir, mais préférerait le lénacapavir. « Je vais vérifier s’il y en a, et l’on me répond que le stock est épuisé », explique-t-elle.

Les obstacles ne se limitent pas à la disponibilité des médicaments. Les réductions de financement ont également entraîné le recul des actions de proximité, notamment les campagnes de dépistage et de prévention organisées dans les communautés. Selon Immaculate Nyamwija, certaines personnes ne consultent qu’après l’apparition de symptômes, au risque de transmettre le virus avant même d’avoir été diagnostiquées.

L’urgence est particulièrement manifeste à Mbarara, où la prévalence du VIH atteint 10 %, soit environ le double de la moyenne nationale, selon la dernière enquête citée par les autorités sanitaires. À l’échelle du pays, quelque 1,5 million de personnes vivent avec le virus. Les rapports sexuels non protégés et l’utilisation irrégulière des préservatifs figurent parmi les facteurs qui alimentent la transmission.

Pour Tarsisio Biryeija, infirmier au centre de santé Mbarara Health Centre IV, chaque infection évitée constitue un progrès important. Le lénacapavir pourrait ainsi renforcer les dispositifs de prévention, à condition que les personnes exposées puissent effectivement y accéder.

À l’échelle internationale, les États-Unis et le Fonds mondial ambitionnent de financer l’accès au médicament pour jusqu’à trois millions de personnes d’ici à la fin de 2028. Selon les données communiquées par le Fonds mondial, plus de 118 000 personnes avaient reçu du lénacapavir dans le cadre des programmes nationaux à la mi-septembre 2026.

Le laboratoire Gilead Sciences affirme, pour sa part, vouloir élargir l’accès au traitement grâce à des partenariats avec le Fonds mondial et le programme américain PEPFAR, en attendant la montée en puissance de fabricants de génériques. Les premiers approvisionnements génériques sont attendus à la fin de 2026, tandis qu’une disponibilité plus large est prévue en 2027.

En Ouganda, l’enjeu est désormais de transformer cette avancée médicale en un outil de prévention accessible au plus grand nombre. Car, malgré les promesses du lénacapavir, son potentiel dépendra autant de la régularité des approvisionnements que du renforcement du dépistage et des services de proximité.

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