Yémen : à Taïz, les combats font craindre une nouvelle crise humanitaire

Un Yéménite déplacé transporte des fournitures humanitaires dans le camp d'Al-Salam, dans le quartier de Dar Saad, à Aden, au Yémen, mardi 6 octobre 2026.   -  
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Photo AP/Abdulnasser Alseddik

Les habitants de Taïz vivent à nouveau dans l'angoisse. Alors que les combats se sont intensifiés ces derniers jours autour de cette grande ville du sud-ouest du Yémen, les perturbations sur les principaux axes routiers font craindre des pénuries de nourriture, de carburant et de produits de première nécessité.

La situation s'est aggravée après la prise par les Houthis de secteurs situés le long de la route principale reliant Taïz à Aden, un axe stratégique pour l'approvisionnement de la ville. La circulation y est fortement perturbée, compliquant l'acheminement des marchandises dont dépendent des centaines de milliers d'habitants.

Dans les marchés du centre-ville, les signes de cette tension sont déjà visibles. Certains commerces ont fermé leurs portes, tandis que d'autres sont pris d'assaut par des habitants venus acheter de la farine, du riz, de l'huile ou d'autres produits essentiels, par crainte d'une aggravation de la situation.

Pour de nombreux habitants, les difficultés économiques rendent déjà le quotidien insoutenable.

« Le marché est vide ; nous n'avons pas les moyens d'acheter quoi que ce soit. Les prix grimpent et nous ne parvenons pas à subvenir à nos besoins quotidiens. La situation empire de jour en jour ; qui aura pitié de nous ? », témoigne Essam Mohammed, habitant de Taïz.

Au-delà de l'alimentation, les inquiétudes concernent également le carburant et le gaz. Dans plusieurs quartiers, de longues files d'attente se forment devant les stations-service, dont certaines ont interrompu leurs activités faute de ravitaillement. La pénurie d'essence réduit la circulation des véhicules et contraint de nombreux habitants à se déplacer à pied.

Face à la montée des inquiétudes, les autorités locales tentent d'éviter un mouvement de panique susceptible d'accélérer l'épuisement des stocks disponibles.

« Ce qui s'est passé à Taïz ces deux derniers jours a semé la confusion, l'inquiétude et la panique parmi les citoyens. J'appelle les habitants à n'acheter que ce dont ils ont besoin afin d'assurer une distribution équilibrée des produits de première nécessité et d'éviter une pénurie massive », explique Abdulrahman Al-Qulai'ah, directeur général de la délégation du ministère de l'Industrie et du Commerce dans le gouvernorat de Taïz.

Malgré ces appels au calme, les habitants restent préoccupés. Taïz a déjà subi des années de siège, de fermeture des routes et d'isolement pendant le conflit yéménite. Cette expérience rend la population particulièrement sensible à toute nouvelle perturbation des voies d'approvisionnement.

Si les affrontements se poursuivent et que les principaux axes restent bloqués, les craintes d'une aggravation de la crise humanitaire pourraient rapidement devenir réalité. Pour les habitants de Taïz, l'enjeu dépasse désormais le seul contexte militaire : il s'agit de préserver l'accès aux biens essentiels dans une ville déjà profondément fragilisée par plus d'une décennie de guerre.

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