Aux Comores, une loi adoptée en juillet interdit aux ressortissants étrangers d’exercer certains métiers. La mesure inquiète notamment des ressortissants malgaches qui tiennent des étales à Volo Volo, le plus grand marché des Comores.
Comores : une loi menace les activités commerciales des étrangers
Larissa Razafitiana, 37 ans, vend des chaussures et gagne suffisamment pour envoyer chaque mois entre 50 et 100 euros (56 à 112 dollars) à sa famille restée à Ambilobe, une petite ville de Madagascar.
Mais la nouvelle donne n'est pas sans appréhension pour la trentenaire. ''J’ai vraiment très peur.'', explique-t-elle. Avant d'ajouter : '' je suis venue ici pour gagner de l’argent. Puis un Malgache arrive ici et on lui accorde un visa ; le mien a été refusé pour des raisons professionnelles. Où suis-je censée trouver de l’argent ? Il n’y a aucun moyen d’en gagner.''
Même s’il n’est pas encore appliqué, le texte menace les activités de 20 000 Malgaches vivant aux Comores.
Kenya, Tanzanie et Afrique du Sud : dans de nombreux pays, les activités économiques menées par des ressortissants sont de plus en plus visées, faisant craindre une montée de la xénophobie. Mais aux Comores, les autorités invoquent plutôt une « justice sociale ».
'' C’est une loi de justice sociale, de nombreux pays l’ont adoptée sans être accusés de xénophobie ou de discrimination. Pas plus tard que cette année, la Tanzanie l’a fait ; il ne faut donc jamais prendre cette histoire d’Afrique du Sud comme exemple, car cela n’a rien à voir avec cela. On ne chasse personne et on n’interdit personne. Dans le secteur salarié, les étrangers sont les bienvenus. Mais en matière d’entrepreneuriat, il faut qu’ils viennent investir dans des secteurs où nous manquons de compétences ou de capitaux. Et je pense que notre pays a le droit de choisir le type d’investisseurs qui doit venir chez nous.'', déclaré Hamidou Mhoma, vice-président de la Nouvelle OPACO.
Mais la mesure fait polémique. Elle plongerait les ressortissants étrangers dans la précarité. Une autre critique porte sur le fait que la loi exclut les personnes ayant acquis la nationalité comorienne par naturalisation