Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Addis-Abeba pour célébrer l’Irreecha, la grande fête annuelle d’action de grâce des Oromo, principal groupe ethnique d’Éthiopie.
Éthiopie : à Addis-Abeba, les Oromo célèbrent l’Irreecha
La célébration, marquée par des chants, des danses et des rituels traditionnels, est placée cette année sous le signe de la paix, de l’unité et du renouveau.
Vêtus de blanc selon la tradition, les participants se sont réunis autour des eaux sacrées de Hora Finfinnee, à Addis-Abeba, et de Hora Harsadi, à Bishoftu. Ils y ont adressé des prières de gratitude, entonné des chants traditionnels et déposé de l’herbe fraîche et des fleurs en offrande à Waaqayyo, Dieu, pour demander paix, santé et prospérité.
L’Irreecha est l’un des plus importants rassemblements culturels autochtones d’Afrique de l’Est. La fête célèbre l’arrivée du printemps et la saison des récoltes. Chaque année, elle rassemble des participants venus de toute l’Oromia, mais aussi d’autres régions d’Éthiopie, autour d’une même célébration.
Pour les Oromo, qui représentent environ un tiers des 130 millions d’habitants du pays, l’Irreecha est bien plus qu’une fête : c’est aussi l’occasion de célébrer et d’affirmer leur culture et leur identité.
Au-delà de sa portée culturelle et spirituelle, l’Irreecha s’est progressivement imposé comme un symbole fort de paix, de réconciliation, d’unité et de solidarité.
Abiy Ahmed appelle à la paix et à la fraternité
À l’occasion de la fête, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a adressé ses félicitations au peuple Oromo ainsi qu’à l’ensemble des Éthiopiens.
Il a souhaité que les célébrations se déroulent dans la paix et la prospérité, présentant l’Irreecha comme le symbole du passage d’une sombre saison hivernale vers un printemps placé sous le signe du renouveau.
Le Premier ministre a également appelé les Éthiopiens à s’inspirer des valeurs associées à la fête — paix, réconciliation, pardon et fraternité — afin de renforcer l’unité nationale et de favoriser une prospérité durable.
Selon Abiy Ahmed, l’Irreecha symbolise également une nouvelle étape pour l’Éthiopie. Il a établi un parallèle entre le renouveau célébré lors de cette fête traditionnelle et les transformations économiques et sociales engagées par son gouvernement.
Un message de renouveau pour l’Éthiopie
Dans son message, le Premier ministre a évoqué les difficultés auxquelles l’Éthiopie a été confrontée au cours de son histoire. Malgré d’importantes ressources naturelles et humaines, le pays est, selon lui, resté longtemps confronté à la pauvreté en raison notamment de problèmes de gouvernance et d’une gestion insuffisamment structurée de ses ressources.
Abiy Ahmed affirme toutefois que les réformes économiques et sociales engagées par son gouvernement permettent désormais de transformer ces difficultés, qu’elles soient d’origine naturelle ou humaine, en opportunités de développement.
Il a notamment cité l’achèvement du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, le GERD, ainsi que plusieurs grands projets économiques, comme autant de signes des progrès accomplis par le pays.
Le Premier ministre a par ailleurs réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur de la paix et du consensus national, dans un contexte toujours marqué par des tensions et des conflits dans plusieurs régions du pays.
Il a appelé les groupes armés à privilégier la voie du dialogue et de la paix, citant au passage un proverbe oromo : « Une maison où l’on dort vaut mieux que celle où l’on passe la soirée. »
Une fête placée sous le signe de l’unité
Pour les participants, l’Irreecha constitue à la fois un moment de célébration culturelle, de spiritualité et de rassemblement communautaire.
Les chants, les danses traditionnelles et les rituels rythment les cérémonies, tandis que les participants rendent grâce et formulent des vœux de paix et de prospérité.