Le Soudan fait face à une pénurie de carburant qui perturbe les transports et l’activité économique. Entre perturbations du marché pétrolier mondial et difficultés d’approvisionnement au niveau national, les prix s’envolent et pèsent davantage sur la population.
Soudan : la crise du carburant pèse sur la population
La pénurie de carburant continue de toucher le Soudan. Dans plusieurs régions, les difficultés d’approvisionnement perturbent les déplacements, le transport des marchandises et l’activité des commerces.
"L’impact est important, aussi bien pour les conducteurs que pour les usagers", témoigne Alnazeer Suliman, transporteur.
Pour les habitants, les conséquences se font également sentir sur l’ensemble de l’activité économique. "Le transport des marchandises et des personnes est à l’arrêt, et le marché est complètement paralysé. Nous avons besoin de solutions, pas de promesses", déplore Mohamed Hassan, un résident.
Un marché noir qui fait grimper les prix
La pénurie a également favorisé le développement d'un marché noir. Selon les informations rapportées sur place, l’essence peut y être vendue à près du double du prix officiel.
Une situation qui accentue la pression sur les consommateurs, mais aussi sur les entreprises et les transporteurs, déjà confrontés à une hausse de leurs coûts.
Pour tenter de réduire les pénuries, le Premier ministre Kamil Idriss a ordonné un approvisionnement supplémentaire des stations-service en carburant.
Mais les difficultés sont plus profondes. L’arrêt prolongé de la raffinerie d’Al-Jaili, les pénuries de devises étrangères et les difficultés à financer les importations compliquent le retour à un approvisionnement normal.
La Banque centrale impose par ailleurs aux importateurs de déposer l’équivalent de 200 kilogrammes d’or, une exigence qui limite le nombre d’acteurs pouvant participer au marché de l’importation.
Pour l’analyste Mohamed Elnayer, la crise repose sur deux facteurs : l’un international, lié aux perturbations du marché pétrolier dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, et l’autre national, lié aux restrictions sur les importations.
Selon lui, le nombre limité d’importateurs contribue également à restreindre l’offre disponible sur le marché.
L’analyste estime que des importations prises en charge par l’État auraient permis de constituer des réserves et de réduire les prix jusqu’à 25 %, avec à la clé une baisse des coûts de production et un soutien à l’activité économique.
Pour l’heure, les autorités cherchent donc à renforcer l’approvisionnement alors que la pénurie continue de peser sur les déplacements, les prix et l’activité économique quotidienne au Soudan.