Chaque jour, plus d’un milliard de repas ne sont pas consommés, que ce soit en raison d’une production alimentaire excédentaire, de la détérioration des aliments ou d’une mauvaise planification des repas, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).
ONU : le gaspillage alimentaire, un défi pour le climat et la sécurité alimentaire
Le gaspillage alimentaire contribue au réchauffement climatique, un sandwich à moitié mangé à la fois.
En effet, jeter les restes du déjeuner ou de la laitue flétrie ne fait qu’agrandir la montagne de déchets alimentaires qui se décomposent dans les décharges, produisant ainsi du méthane, un puissant gaz à effet de serre, responsable d’environ 8 à 10 % des émissions mondiales.
Cela inclut les récoltes avariées – des denrées perdues après la récolte et avant même d’avoir atteint les rayons des magasins.
« 13 % des denrées alimentaires sont perdues après la récolte et avant d’atteindre les rayons des magasins, tandis que 19 % supplémentaires sont gaspillées dans les foyers, les supermarchés et les restaurants. Lorsque des denrées alimentaires sont perdues ou gaspillées, la terre, l’eau et l’énergie utilisées pour les produire sont également gaspillées », a déclaré Michael Muratha, responsable de programme au PNUE, depuis le siège de l’organisation à Nairobi.
Cette question est mise à l’honneur à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux pertes et au gaspillage alimentaires, célébrée le 29 septembre et organisée par le PNUE et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Cette année, l’accent est mis sur le lien avec la protection des forêts et la mise en place de systèmes agroalimentaires durables.
« Utiliser plus efficacement les aliments que nous produisons déjà peut réduire la pression sur les terres et les forêts et contribuer à nourrir davantage de personnes », ajoute M. Muratha.
De plus, des forêts saines favorisent également la production alimentaire de plusieurs façons, notamment en protégeant les sols et en régulant les précipitations.
M. Muratha a souligné que « les pertes et le gaspillage alimentaires génèrent, selon les estimations, entre 8 et 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ainsi, lorsque les aliments jetés se décomposent dans les décharges, ils libèrent du méthane, un puissant gaz à effet de serre. Il est donc important de mentionner que c’est la raison pour laquelle la prévention du gaspillage alimentaire constitue également un volet essentiel de l’Appel à l’action sur le méthane lancé par le Secrétaire général des Nations unies, qui appelle à agir dans les domaines des combustibles fossiles, de l’agriculture et des déchets. »
L’expert du PNUE a mis en avant des solutions concrètes.
Il a déclaré : « Des projets soutenus par le PNUE à travers l’Afrique utilisent des larves de mouche soldat noir pour transformer les déchets organiques des marchés en aliments pour animaux et en engrais. Un rapport de 2025 estime que cela pourrait créer entre 25 000 et 76 000 emplois supplémentaires au Kenya en remplaçant une partie des aliments conventionnels pour volaille par des aliments à base d’insectes. »
L’agence présente également des méthodes innovantes – allant des plus simples aux plus pointues – pour éviter que les denrées alimentaires ne finissent dans les décharges.
« Le PNUE étudie également comment l’intelligence artificielle peut aider les ménages à identifier ce qu’ils gaspillent le plus, à planifier leurs repas en fonction des aliments dont ils disposent déjà, et à améliorer leurs achats et leur stockage. De la même manière, les supermarchés peuvent utiliser les prévisions de demande et proposer des promotions au bon moment pour réduire les invendus alimentaires. L’essentiel est que ces solutions – qu’elles soient simples ou numériques – soient abordables, pratiques et adaptées aux besoins locaux », a conclu M. Muratha.
L’année dernière, le PNUE et ses partenaires ont lancé l’initiative « Food Waste Breakthrough » lors de la COP31 des Nations unies sur le changement climatique au Brésil, avec pour objectif de réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2030, de diminuer les émissions de méthane et de soutenir l’action climatique.