Afrique du Sud : le retour discret des léopards sur la côte ouest

Kuma, le léopard, grogne dans son enclos de la réserve animalière de Shamwari, près de Port Elizabeth, en Afrique du Sud, le 28 juillet 2005.   -  
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Un petit nombre de léopards est de retour sur la côte ouest de l'Afrique du Sud après plus de 170 ans d'absence. Si les défenseurs de la nature se réjouissent, certains éleveurs redoutent le retour du grand félin.

Au sommet de la chaîne alimentaire, des prédateurs arpentent de nouveau la région de la côte ouest de l'Afrique du Sud. On n'y avait plus vu de léopards depuis plus de 170 ans, mais ils semblent aujourd'hui faire leur retour. Parmi cette minuscule population figurent deux petits.

Un félin chassé jusqu'à sa disparition

La chasse au léopard a commencé avec la colonisation européenne au XVIIe siècle. Elle a fini par entraîner la disparition de l'espèce dans la région de la côte ouest au XIXe siècle. Aujourd'hui, les animaux viendraient probablement de la région montagneuse du Cederberg, plus au nord.

Leur retour s'explique aussi par l'évolution du territoire. La diminution du nombre d'éleveurs et la multiplication des domaines écologiques et des réserves naturelles ont rendu la région plus attrayante pour ces félins.

Un événement majeur pour les défenseurs de la nature

Pour le Dr Jeannine McManus, directrice par intérim du Landmark Rewilding Trust, ce retour est exceptionnel. « La plupart du temps, nous entendons des histoires très décevantes concernant la disparition d'une nouvelle espèce, des animaux tués et de moins en moins d'espace pour eux », explique-t-elle. « Le fait que nous observions le contraire sur la Côte-Ouest est donc un événement vraiment exceptionnel. »

Le groupe, qui compte sept léopards dont les deux petits, ne constitue toutefois pas encore une population viable. Au niveau mondial, le statut de conservation de l'espèce est « vulnérable ». Son installation dans la région est donc une bonne nouvelle pour la biodiversité.

Des éleveurs inquiets

Tout le monde ne se réjouit pas de cette renaissance. La famille de Julian Melck exploite la ferme de Kersefontein, près de Hopefield, depuis 1770. Éleveur, il doit déjà composer avec le caracal, un prédateur plus petit, lui aussi membre de la famille des félins, qui s'attaque à ses moutons.

« Le mouton est l'un de mes animaux préférés. Le voir attaqué et dévoré par n'importe quel prédateur est pour moi une source de détresse, sans parler des pertes économiques. C'est également une source de stress personnel pour moi », explique-t-il. « Donc, non, je ne veux pas davantage de prédateurs dans la ferme que ce que nous avons déjà avec le caracal. »

Cohabiter avec le léopard

Pour atténuer le risque de prédation du bétail, le Landmark Rewilding Trust et une autre ONG travaillent avec les éleveurs. L'un des moyens envisagés est la mise en place d'un dispositif d'indemnisation.

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