Madagascar : un an après la chute de Rajoelina, la Gen Z dénonce une "trahison"

Des soldats salués lors d'une cérémonie organisée en hommage aux manifestants tués, à Antananarivo, à Madagascar, le 12 octobre 2025   -  
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Un an après la chute d’Andry Rajoelina, les militants de la « Gen Z » malgache disent leur désillusion face au nouveau pouvoir, qu’ils accusent de reprendre les méthodes de l’ancien régime.

Leur mobilisation avait précipité la fuite du président Andry Rajoelina après le ralliement de militaires du Capsat aux manifestants. « C’était vraiment à la fois de la joie et du soulagement », se souvient Herizo Andriamanantena, figure du mouvement. Mais, poursuit-il, « après, il y a eu des petits changements par-ci par-là ».

En avril, six militants ont été arrêtés après un appel à manifester contre la lenteur de la « refondation ». Herizo Andriamanantena a passé treize jours en garde à vue. « Tu es dans une petite cellule avec une vingtaine de prisonniers, de délinquants, d’assassins. Et là, tu te dis que tu as milité pour le pays mais qu’on te considère comme un criminel », raconte-t-il.

Nomena Ratsihorimanana décrit, lui, une arrestation particulièrement violente : « Pendant une heure, on nous a vraiment malmenés, on nous a frappés de partout. Ils nous ont même mis une arme dans la bouche et nous ont menacés de mort. » Il sera libéré après cinq jours de détention.

Pour leur avocat, Me Maromanana Aliarivelo, l’accusation d’atteinte à la sûreté de l’État reste « l’outil par excellence, depuis belle lurette, des gens au pouvoir à Madagascar », toujours « une manière de dire : taisez-vous ».

« C’est une trahison », estime de son côté Felana Andriatahina, militante et entrepreneuse dans l’éco-construction. « Comment ils pensent légitimer ça ? C’est grâce à notre descente dans la rue (...) s’ils sont au pouvoir aujourd’hui », dénonce-t-elle.

Le mouvement reste toutefois divisé. « Les dissensions au sein du mouvement même sont terribles », constate la politologue Ketakandriana Rafitoson, qui dit ne plus savoir « combien de sous-mouvements il y a, qui sont les vrais Gen Z, les faux ».

À l’approche des commémorations du premier anniversaire de la mobilisation, Herizo Andriamanantena appelle les Malgaches à réfléchir à la direction prise par le pays : « Le moment est venu de se pencher sérieusement sur la direction que prend le pays, d’arrêter de suivre une seule personne et de se tourner plutôt vers des idéologies. »

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