Maroc : à la veille des élections législatives, le scepticisme domine

Parti de l'authenticité et de la modernité (PAM) en vue des prochaines élections législatives, à Tanger, au Maroc, ce mercredi 16 septembre 2026.   -  
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À la veille des élections législatives marocaines, les promesses des candidats peinent à convaincre.

Après plus de dix jours de campagne, une partie des électeurs reste sceptique face aux partis politiques et à leur capacité à répondre aux difficultés du quotidien. Près de 15,8 millions d’électeurs sont inscrits pour ce scrutin du 23 septembre. Ils devront départager 7 288 candidatures pour les 395 sièges de la Chambre des représentants. Au total, 28 partis, dont une alliance créée pour cette élection, ainsi que deux listes de candidats indépendants, sont en lice.

Dans les rues, certains électeurs dénoncent des promesses électorales qui, selon eux, ne se traduisent pas suffisamment dans leur quotidien. Youssef Guennoun, fleuriste, estime notamment que les partis ne sont pas suffisamment au service des citoyens. Il critique également leur dépendance aux financements publics et appelle à davantage de règles sur leur représentativité.

Ces élections interviennent près d’un an après les manifestations de la Génération Z, qui avaient réclamé de meilleurs services publics, notamment dans la santé et l’éducation, ainsi que davantage d’opportunités pour les jeunes.

Le chômage des 15-24 ans atteignait 37 % en 2025

Le chômage des 15-24 ans atteignait 37 % en 2025, contre 13 % pour l'ensemble de la population, selon l'Associated Press. Cet été, des dizaines de milliers de jeunes Marocains ont tenté de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta, dans l'espoir de trouver de meilleures perspectives. Les jeunes restent pourtant sous-représentés dans le corps électoral : les 18-24 ans constituent environ 12 % de la population, mais seulement 4 % des électeurs inscrits.

Pour Mohammed Benhamou, président de l'Institut marocain des études stratégiques, cette évolution de la société impose aux partis politiques de revoir leur manière d'agir. Les partis politiques sont un mécanisme important, des acteurs essentiels de la vie politique et publique. Ils doivent changer leur culture, leurs méthodes, leur approche, mais aussi évoluer en tant qu'élites, pour répondre aux attentes d'une société qui est elle-même en pleine transformation.

Selon lui, l'enjeu ne consiste plus seulement à élaborer de nouvelles stratégies, mais aussi à mettre en œuvre celles qui existent déjà. Aujourd'hui, il est indispensable non seulement de concevoir de nouvelles stratégies, mais aussi d'exécuter et de mettre en œuvre celles qui existent déjà.

Le scrutin de mercredi permettra notamment de mesurer la capacité des partis à mobiliser un électorat jeune, alors que la défiance à l'égard de la classe politique reste un enjeu majeur de cette campagne.

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