L'Afrique du Sud veut à nouveau empêcher la vente aux enchères d'objets de Mandela

Nelson Mandela lors de son 94e anniversaire en famille à Qunu, en Afrique du Sud, le 18 juillet 2012.   -  
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Le gouvernement sud-africain a saisi mardi 8 septembre la Cour constitutionnelle pour tenter, une nouvelle fois, d’empêcher la vente aux enchères, aux États-Unis, de 29 objets ayant appartenu à Nelson Mandela.

Le ministère de la Culture et l’agence nationale chargée de la protection du patrimoine, la SAHRA, soutiennent que ces biens constituent des objets patrimoniaux qui appartiennent à l’Afrique du Sud et que leur exportation sans autorisation était illégale.

Le litige oppose depuis quatre ans les autorités sud-africaines à la maison de ventes new-yorkaise Guernsey’s, qui organise la vente avec l’accord de Makaziwe Mandela, fille aînée de l’ancien président. Initialement annoncée en 2021, l’enchère avait été suspendue en 2022 après l’intervention de la SAHRA, qui cherchait à reprendre le contrôle de plusieurs pièces. Autorisée ensuite par la justice sud-africaine, la vente avait été de nouveau annoncée en 2024 avant d’être suspendue une nouvelle fois, le gouvernement poursuivant ses démarches pour la faire interdire.

En janvier, la Cour suprême d’appel avait rejeté les objections de la SAHRA, estimant notamment que l’organisme devait démontrer, pour chaque pièce, en quoi elle constituait un objet patrimonial. Le dossier est désormais porté devant la Cour constitutionnelle, appelée à déterminer si l’ensemble des objets concernés peut être considéré comme relevant du patrimoine sud-africain.

Parmi les pièces proposées figurent la carte d’identité de Mandela, plusieurs de ses célèbres chemises, la clé de la cellule qu’il occupa à la prison de Robben Island ainsi que des vêtements, des écrits et des cadeaux reçus de présidents américains, notamment Barack Obama et Bill Clinton.

Makaziwe Mandela a autorisé la vente afin de financer la construction d’un jardin mémoriel près de la tombe de son père, à Qunu, dans la province du Cap-Oriental, où Nelson Mandela est inhumé. Le projet donne à la vente une dimension à la fois familiale et mémorielle, mais les autorités sud-africaines contestent le droit de disposer librement de ces objets, qu’elles considèrent comme faisant partie de l’histoire nationale.

Figure majeure de la lutte contre l’apartheid, Nelson Mandela avait été élu en mai 1994 premier président de l’Afrique du Sud démocratique. Il a exercé ses fonctions jusqu’en juin 1999 et est mort en décembre 2013, à l’âge de 95 ans.

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