Soudan : les soutiens étrangers alimentent la guerre, selon l’ONU

Des déserteurs des Forces de soutien rapide alors qu'ils semblent se rendre à l'armée soudanaise, à Omdurman, Soudan, le 19 août 2026.   -  
Copyright © africanews
AP Photo/Mohnd Blal

Les réseaux de soutien étrangers contribuent à prolonger et à intensifier la guerre au Soudan, selon un nouveau rapport de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU.

Les enquêteurs alertent notamment sur l’arrivée de combattants étrangers et le transfert d’armes et de technologies militaires aux parties au conflit.

Depuis avril 2023, le Soudan est déchiré par une guerre entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Selon la mission, l’appui extérieur a renforcé les capacités militaires des belligérants, leur permettant de mener des opérations plus sophistiquées, avec de lourdes conséquences pour les populations civiles.

Des combattants étrangers aux côtés des FSR

Les enquêteurs disent avoir identifié des réseaux transnationaux, impliquant notamment des entreprises basées aux Émirats arabes unis, en Colombie et au Tchad, engagés dans le recrutement, la formation et le déploiement de personnel étranger au profit des FSR.

Le rapport fait notamment état de jusqu’à 2 000 anciens militaires colombiens qui auraient participé directement à des opérations aux côtés des paramilitaires au Darfour et au Kordofan. Certains auraient notamment été impliqués dans l’utilisation de drones de combat, d’artillerie et d’armes avancées.

La mission estime également qu’il existe des motifs raisonnables de croire que des entités privées, des recruteurs et des intermédiaires logistiques opérant depuis plusieurs pays ont facilité l’acheminement de personnel, d’armes et de matériel vers les FSR, en utilisant différents points de transit régionaux.

Des drones étrangers utilisés par les deux camps

Le soutien extérieur ne concernerait pas uniquement les FSR. Les enquêteurs estiment qu’il existe également des motifs raisonnables de croire que l’armée soudanaise a utilisé des drones fournis depuis l’étranger lors d’opérations ayant touché des civils et des infrastructures civiles.

Selon l’ONU, les fournisseurs étrangers ont considérablement renforcé les capacités des deux camps en matière de drones, permettant désormais de mener des frappes bien au-delà des lignes de front.

Les civils "paient le prix"

Pour la mission d’enquête, cette militarisation croissante se traduit directement par une aggravation des risques pour les populations. Des habitations, hôpitaux, écoles, marchés et lieux accueillant des déplacés ont notamment été touchés au cours du conflit.

Les enquêteurs appellent les États concernés à démanteler les réseaux illicites, à enquêter sur les personnes et les entités impliquées et à suspendre les transferts militaires lorsqu’il existe un risque important qu’ils contribuent à de graves violations.

La mission demande également au Conseil de sécurité des Nations unies d’étendre à l’ensemble du Soudan l’embargo sur les armes, actuellement centré sur le Darfour. Pour les enquêteurs, protéger les civils nécessite désormais d’agir non seulement contre les belligérants, mais aussi contre les réseaux qui permettent à la guerre de se poursuivre.

À découvrir également

Voir sur Africanews
>