Les États-Unis ont expulsé jeudi plusieurs dizaines de personnes vers Haïti, dans un contexte marqué par une forte insécurité dans le pays et la récente fin du statut de protection temporaire (TPS) accordé à des centaines de milliers d’Haïtiens.
Les États-Unis expulsent plusieurs dizaines de personnes vers Haïti
Le vol d’expulsion a atterri à Cap-Haïtien, dans le nord du pays. Le principal aéroport international de Port-au-Prince est actuellement considéré comme trop dangereux pour accueillir ce type de vol.
Selon Kerlande Desauguste, responsable de l’Office national des migrations d’Haïti, plus de 50 personnes, dont deux mineurs, se trouvaient à bord de l’avion.
Cette nouvelle expulsion intervient après une récente attaque de gangs qui a fait 47 morts et plus de 50 enlèvements. Parmi les personnes renvoyées en Haïti figurait Jay Dabelus, un boxeur professionnel né aux Bahamas.
"Je ne sais rien d’Haïti", a-t-il déclaré à son arrivée. "Je ne suis pas né ici."
Dabelus a expliqué avoir quitté les Bahamas à l’âge d’environ six ans et avoir vécu plus de vingt ans aux États-Unis, avant d’être placé en détention puis expulsé vers Haïti.
"C’est bien ici, mais j’essaie de passer à autre chose", a-t-il déclaré. "Je n’ai ni ressources, ni famille, ni personne pour m’aider."
Il s’agit du deuxième vol d’expulsion organisé depuis la fin du statut de protection temporaire (TPS) dont bénéficiaient quelque 350 000 Haïtiens vivant aux États-Unis.
Le premier vol avait atterri le 20 août en Haïti avec plus de 160 personnes à bord, parmi lesquelles figuraient également des bénéficiaires du TPS.
À leur arrivée jeudi, comme lors du précédent vol, plusieurs expulsés ont choisi de se couvrir le visage, invoquant des raisons de sécurité dans un pays où les violences liées aux gangs restent particulièrement préoccupantes.
Les autorités haïtiennes ont ainsi accueilli ces nouveaux arrivants dans un contexte sécuritaire toujours très tendu, alors que les expulsions américaines suscitent des inquiétudes quant aux conditions dans lesquelles les personnes renvoyées pourront se réinstaller.