Le chef de l’opposition tanzanienne Tundu Lissu a commencé vendredi 21 août à présenter sa défense dans son procès pour trahison. Le dirigeant du parti Chadema affirme que les poursuites engagées contre lui sont motivées par son combat en faveur de réformes politiques et électorales.
Tanzanie : l'oppasant Tundu Lissu dénonce un procès « politique »
Arrêté en avril 2025, Tundu Lissu est notamment accusé d’avoir incité la population à boycotter les élections. L’accusation de trahison dont il fait l’objet est passible de la peine de mort en Tanzanie.
Avant les élections de novembre 2025, son parti avait lancé une campagne baptisée « Pas de réformes, pas d’élections », réclamant une transformation du système électoral et des garanties démocratiques supplémentaires.
Samia Suluhu Hassan appelée comme témoin
Après avoir entendu 17 témoins de l’accusation, la Haute Cour a estimé que Tundu Lissu devait répondre des faits qui lui sont reprochés.
L’opposant de 58 ans, qui assure lui-même sa défense, souhaite désormais faire comparaître plusieurs hauts responsables de l’État. Parmi eux figure la présidente Samia Suluhu Hassan. Il a demandé à la justice de les citer à comparaître.
Tundu Lissu a également dénoncé les difficultés rencontrées en détention pour préparer son procès, affirmant ne pas pouvoir recevoir librement ses avocats et les témoins qu’il souhaite solliciter.
Cette affaire intervient après les violences qui ont accompagné les élections de novembre 2025. Le gouvernement tanzanien reconnaît que plus de 500 personnes ont été tuées durant les troubles, sans attribuer la responsabilité de ces décès.
Le Chadema accuse de son côté le pouvoir de restreindre l’espace politique et les libertés de l’opposition.
À l’issue de l’audience, des sympathisants du parti ont scandé des slogans réclamant une nouvelle Constitution et la libération de Tundu Lissu.
Le procès doit reprendre le 24 août, date à laquelle le chef de l’opposition poursuivra sa défense.