Une victoire militaire sur les insurgés djihadistes dans la province de Cabo Delgado, au Mozambique, ne semble pas imminente, selon un rapport publié vendredi par un rapporteur spécial des Nations unies.
Mozambique : l’ONU alerte sur l’impasse militaire face aux djihadistes
Le Mozambique lutte contre une insurrection liée au groupe « État islamique » dans la province septentrionale de Cabo Delgado.
Ce conflit a donné lieu à des attaques contre des civils et les forces de sécurité, notamment des décapitations, et a provoqué le déplacement de milliers de personnes.
« La fréquence, la gravité et l'ampleur des attaques contre les civils se sont accrues au cours de l'année écoulée », a déclaré Ben Saul, rapporteur spécial des Nations unies, après s'être rendu au Mozambique du 4 au 14 août afin d'évaluer la conformité des lois, politiques et pratiques antiterroristes de ce pays.
Les experts de l'ONU sont des personnalités indépendantes mandatées par le Conseil des droits de l'homme pour rendre compte de leurs conclusions ; ils ne s'expriment pas au nom des Nations unies elles-mêmes.
La province de Cabo Delgado dispose d'énormes réserves de gaz, qui ont attiré l'attention de géants du secteur de l'énergie, notamment le français TotalEnergies, l'italien ENI et l'américain ExxonMobil.
Des forces rwandaises sont déployées dans la région depuis 2021 pour prêter main-forte à l'armée mozambicaine dans le cadre d'une opération soutenue par l'UE.
Mais malgré le soutien du Rwanda, le rapport indique que la posture militaire actuelle relève d'une « défense offensive » plutôt que d'une poursuite active du groupe armé non étatique.
« Si cela permet d'apaiser les hostilités, cela risque toutefois de permettre au groupe de se reconstituer », a-t-il déclaré.
Selon le rapport, qui cite les chiffres de l'ACLED, une organisation qui recueille des données sur les zones de conflit, le conflit a fait 6 632 morts, dont 2 772 civils, entre 2017 et la mi-2026.
Selon ce rapport, environ 1,5 million de personnes ont été déplacées et 1,7 million ont eu besoin d'une aide humanitaire en 2026.
Parmi les autres conséquences, on peut citer la perte de terres, de moyens de subsistance, de biens, l'accès aux services et la séparation des familles.