Burkina Faso : polémique autour d'une formation militaire imposée aux journalistes

Des soldats se déplacent à bord d'un véhicule près de l'ambassade de France, dans le centre de Ouagadougou, au Burkina Faso, le vendredi 2 mars 2018.   -  
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Plus de quarante journalistes burkinabè ont participé à une formation militaire de « patriotisme » organisée par les autorités de transition, une initiative qui suscite de vives critiques de la part des organisations de défense de la liberté de la presse.

Pendant six jours, 44 journalistes issus des médias publics et privés ont été accueillis dans une académie de police près de Ouagadougou. En treillis militaires et armés de fusils, ils ont suivi cette « immersion patriotique » désormais imposée par la junte du capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d'État de 2022.

Dans une vidéo diffusée par la télévision publique RTB, le ministre de la Communication, Pingdwende Gilbert Ouedraogo, a interrogé les participants : « Allez-vous être des journalistes patriotes et professionnels ? » Après leur réponse collective, il a affirmé qu'« un journaliste professionnel qui n'est pas patriote constitue une menace pour son pays ».

Le gouvernement présente cette formation comme un moyen de renforcer l'engagement national dans un contexte de guerre contre les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique, qui frappent le Burkina Faso depuis plus d'une décennie.

Mais cette initiative inquiète les défenseurs de la liberté de la presse. Reporters sans frontières dénonce « un nouveau signal très inquiétant » et rappelle que les journalistes « ne sont pas des soldats » et ne doivent pas être transformés en porte-parole de l'effort de guerre.

Depuis l'arrivée au pouvoir de la junte, plusieurs médias étrangers ont été suspendus et des journalistes critiques auraient été enrôlés de force et envoyés au front, selon des organisations de défense des droits humains. Cette nouvelle formation s'inscrit dans une politique plus large de promotion du « patriotisme », déjà imposée depuis l'an dernier à des lycéens avant leurs examens de fin d'études.

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