Haïti : le défi des élections sous la menace des gangs

Des Haïtiens s'inscrivent sur les listes électorales en vue des prochaines élections législatives, à Port-au-Prince, en Haïti, le 30 juillet 2026   -  
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L'inscription sur les listes électorales a débuté jeudi dans la capitale haïtienne et ailleurs, marquant une étape cruciale dans la préparation des élections législatives, alors même que les inquiétudes liées à la violence généralisée des gangs persistent.

Le gouvernement haïtien a ouvert dix centres d'enregistrement à travers Port-au-Prince, dans des quartiers considérés comme globalement sûrs, tandis que des dizaines d'Haïtiens pleins d'espoir s'y rendaient au compte-gouttes. Haïti n'a pas organisé d'élections législatives depuis plus d'une décennie, et le pays n'a plus de président depuis l'assassinat de Jovenel Moïse à son domicile privé en juillet 2021.

La violence des gangs n'a cessé de s'intensifier depuis lors : des hommes armés contrôlent environ 70 % de Port-au-Prince ainsi que les principales routes menant aux provinces du Centre et de l'Artibonite, qui sont elles aussi le théâtre d'affrontements.

Le Premier ministre haïtien, qui n'a pas été élu, subit toutefois des pressions pour organiser des élections, dont le premier tour est prévu le 13 décembre. Plus de 50 % de l'électorat haïtien vit dans ces trois régions, et il est difficile de savoir si toutes les personnes souhaitant voter pourront s'inscrire, sans parler de voter, compte tenu des violences qui persistent.

Jacques Desrosiers, président du Conseil électoral provisoire d'Haïti, a déclaré qu'il prévoyait d'ouvrir davantage de centres d'inscription électorale dans les semaines à venir, dont 20 à Pétion-Ville, considérée comme l'une des zones les plus sûres.

Quant à la possibilité d'ouvrir des centres dans d'autres communes, il a déclaré que cela dépendait du gouvernement haïtien.

Selon les Nations unies, plus de 5 900 personnes ont été tuées l'année dernière en Haïti, et plus de 1 600 autres entre janvier et mars de cette année. On se demande si les candidats pourront mener leur campagne et si la population se sentira suffisamment en sécurité pour se rendre aux urnes.

Ismail Wilson s'est inscrit sur les listes électorales tôt ce matin, mais il a reconnu que la sécurité était sa principale préoccupation et a appelé le gouvernement à garantir le bon déroulement du scrutin. "C'est à eux de faire leur travail, car ils disposent de tous les moyens nécessaires : ils doivent garantir la sécurité afin que chacun puisse se rendre aux urnes et choisir un candidat."

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