L'Ouganda annonce la fin de l'épidémie d'Ebola sur son territoire

Un professionnel de santé au dispensaire provisoire du poste-frontière de Mpondwe, qui relie l'Ouganda à la RDC, le 4 juin 2026.   -  
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L’Ouganda a officiellement déclaré mardi la fin de son épidémie d’Ebola, après 42 jours consécutifs sans nouveau cas, conformément à la période de surveillance recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. Cette annonce intervient après la sortie de l’hôpital, le 16 juin, du dernier patient encore atteint du virus. Aucun nouveau cas n’a depuis été détecté sur le territoire ougandais.

Déclarée le 15 mai, l’épidémie avait totalisé 20 cas confirmés et deux décès. Selon le ministère ougandais de la Santé, quinze personnes infectées étaient originaires de la République démocratique du Congo (RDC) et avaient franchi la frontière pour recevoir des soins avant que leur infection ne soit identifiée. Cinq soignants ougandais avaient ensuite été contaminés au contact de ces cas importés.

Les autorités de Kampala affirment que l’ensemble des chaînes de transmission a été identifié et que les personnes ayant été en contact avec les malades ont été placées sous surveillance jusqu’au terme de leur période d’observation. Aucun foyer de transmission communautaire inexpliquée n’a été mis en évidence.

Les analyses génomiques ont par ailleurs confirmé que l’épidémie était due à la souche Bundibugyo du virus Ebola, une souche pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement homologué.

La fin officielle de l’épidémie ne signifie toutefois pas la levée de l’alerte sanitaire. Kampala considère que le risque de réintroduction du virus demeure élevé, en raison de la progression de l’épidémie dans l’est de la RDC, notamment dans les zones frontalières.

Le ministère de la Santé a annoncé le maintien d’une surveillance renforcée dans les districts limitrophes, ainsi que le déploiement d’équipes d’intervention rapide et de dispositifs de dépistage.

L’Ouganda souligne également la coopération engagée avec les autorités congolaises. Les deux pays ont conclu un protocole d’accord destiné à coordonner leur réponse sanitaire transfrontalière. Kampala affirme en outre avoir installé deux laboratoires mobiles et deux unités de traitement d’une capacité de 80 lits à Aru et Kasenyi, dans le nord-est de la RDC, afin de contribuer à contenir la propagation du virus au plus près de son foyer.

La vigilance ougandaise s’explique par l’ampleur de la flambée en cours en territoire congolais. Selon les dernières données communiquées par les autorités sanitaires de la RDC, 3 262 cas ont été recensés et 1 437 personnes sont décédées. En un peu plus de deux mois, l’épidémie actuelle s’approche ainsi du bilan de la précédente grande flambée congolaise, qui avait fait 3 470 cas et 2 287 morts entre 2018 et 2020, mais sur une période de près de trois ans.

Face à la menace régionale, l’Ouganda avait rapidement renforcé ses mesures de prévention après la confirmation des premiers cas. Les autorités avaient notamment appelé la population à limiter les contacts physiques, reporté un important rassemblement religieux et suspendu temporairement les transports publics et les liaisons aériennes avec la RDC.

Pour Kampala, l’objectif est désormais d’empêcher toute nouvelle importation du virus tout en soutenant les efforts déployés en RDC.

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