RDC : des crèches au cœur de la riposte contre Ebola

Kahindo Mireille Pierrette, une survivante d'Ebola, pose avec son bébé de 16 mois, à Rwampara, en Ituri (RDC), le 16 juin 2026   -  
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À Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, la lutte contre Ebola ne se limite plus aux centres de traitement. Face à la progression de l'épidémie, les autorités congolaises ont créé des crèches spécialisées destinées à accueillir les nourrissons et les enfants dont les parents ont été testés positifs au virus et sont pris en charge dans des unités de soins.

Ces structures, installées à proximité immédiate des centres de traitement Ebola, répondent à une problématique majeure : éviter que les enfants, souvent très proches de leurs parents malades, ne soient exposés au virus tout en garantissant leur prise en charge lorsque aucun proche n'est en mesure de s'occuper d'eux.

« Lorsqu'une mère est hospitalisée et qu'aucune personne ne peut prendre en charge son enfant, nous séparons la mère et l'enfant. Ce dernier est accueilli dans la crèche pendant que sa mère reçoit son traitement », explique Céline Lusinde, responsable du service de protection de l'enfance au sein des Affaires sociales de l'Ituri.

Au-delà des soins quotidiens, ces établissements assurent également un accompagnement psychologique. « Nous disposons de psychologues, dont l'un est exclusivement dédié aux enfants présentant des difficultés psychologiques. Nous avons notamment accueilli trois enfants issus d'une même famille, dont une adolescente de 16 ans », précise-t-elle.

Cette prise en charge répond aux traumatismes provoqués par la séparation familiale, l'hospitalisation ou le décès des proches. Les enfants accueillis bénéficient d'un hébergement, de vêtements, de produits de première nécessité et d'un suivi adapté à leur âge.

L'initiative s'inscrit dans une situation sanitaire particulièrement préoccupante. Selon le dernier bilan communiqué par le gouvernement congolais, la République démocratique du Congo recensait, au 30 juin, 1 406 cas confirmés d'Ebola, dont 438 décès. Le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a récemment qualifié la flambée épidémique de « très grave », appelant à poursuivre les efforts de riposte.

Les enfants demeurent parmi les populations les plus vulnérables. Dès la mi-juin, Save the Children alertait sur un taux de létalité proche de 44 % chez les moins de cinq ans, nettement supérieur à celui observé chez les adultes. Depuis le début de l'épidémie, plus d'une cinquantaine d'enfants ont été contaminés dans la province de l'Ituri.

Pour les organisations humanitaires, protéger les enfants ne consiste pas uniquement à prévenir la transmission du virus. « Les enfants ont des besoins spécifiques et sont touchés de manière particulière. Les conséquences d'une crise comme Ebola dépassent largement les seuls cas d'infection », souligne John James, coordinateur de la communication de la riposte Ebola pour l'UNICEF.

Selon lui, les épidémies perturbent durablement la scolarité, l'accès aux soins et le fonctionnement des familles. Les jeunes enfants restent notamment exposés au paludisme, aux maladies diarrhéiques et à d'autres infections présentant des symptômes similaires à ceux d'Ebola, ce qui peut compliquer leur prise en charge. L'UNICEF insiste ainsi sur la nécessité de maintenir les services de santé et d'éducation afin d'éviter que les effets indirects de l'épidémie ne frappent davantage les enfants que le virus lui-même.

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