Nigeria : la police met en garde contre les représailles visant les Sud-Africains

People hold banners as they demonstrate on the street to protest against police brutality, in Lagos, Nigeria, Tuesday Oct. 20, 2020.   -  
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Les autorités nigérianes ont appelé la population à ne pas s’en prendre aux ressortissants ou aux intérêts sud-africains présents dans le pays, alors que les tensions autour de l’immigration se multiplient en Afrique du Sud.

Dans un communiqué, la police nigériane a exhorté les citoyens à faire preuve de retenue après des informations faisant état d’actes hostiles visant des Nigérians vivant en Afrique du Sud. Aucune attaque n’a toutefois été officiellement confirmée par les autorités sud-africaines.

Cette mise en garde intervient à l’issue d’une réunion des responsables nigérians de la sécurité et du renseignement, alors que la situation suscite des inquiétudes croissantes dans plusieurs pays africains.

En Afrique du Sud, des manifestations ont récemment été organisées pour réclamer un renforcement de la lutte contre l’immigration clandestine. Les participants accusent les migrants en situation irrégulière de peser sur les services publics et d’être impliqués dans certaines activités criminelles.

Le mouvement à l’origine de ces rassemblements, baptisé « March and March », demande une réforme de la politique migratoire et appelle les migrants sans papiers à quitter le pays avant le 30 juin.

Face à la montée des tensions, plusieurs États africains suivent la situation de près. Le Ghana a notamment procédé à l’évacuation de plusieurs centaines de ses ressortissants, invoquant des préoccupations liées à leur sécurité.

Dans son message, la police nigériane a reconnu l’inquiétude suscitée par les informations en provenance d’Afrique du Sud, tout en soulignant que la question était traitée au plus haut niveau par les autorités gouvernementales.

Les forces de l’ordre ont également annoncé le renforcement de la sécurité autour des représentations diplomatiques, des infrastructures stratégiques et d’autres sites sensibles sur le territoire nigérian.

Elles ont averti que toute attaque visant des ressortissants sud-africains, des entreprises ou des installations diplomatiques en Nigeria serait considérée comme un acte criminel et ferait l’objet de poursuites.

Les précédentes vagues de violences xénophobes en Afrique du Sud avaient déjà provoqué des tensions diplomatiques avec le Nigeria et entraîné des représailles contre certaines entreprises sud-africaines présentes dans le pays. Les autorités des deux États cherchent aujourd’hui à éviter une nouvelle escalade.

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