À Rwampara, près de Bunia, en République démocratique du Congo (RDC), la flambée de violences survenue autour d’un centre de traitement d’Ebola témoigne de la tension persistante entre impératifs sanitaires et perceptions communautaires.
RDC : les autorités évoquent un « malentendu » après l’incendie d'un centre de traitement Ebola
Jeudi, des tentes du dispositif médical ont été incendiées après que des proches d’un patient décédé ont tenté de récupérer le corps, provoquant une confrontation avec les équipes sur place.
Pour Jean Claude Mukendi, coordinateur sécurité de la riposte, l’incident aurait été déclenché par une incompréhension des protocoles sanitaires en vigueur. « C’est un malentendu dû à un jeune qui ne saisit pas la réalité de cette maladie », a-t-il déclaré, estimant que la réaction des proches et de certains jeunes du quartier traduit une méconnaissance des règles imposées en période d’épidémie. Il a rappelé que « les instructions des autorités sont claires : tous les corps doivent être enterrés selon les protocoles liés à cette pandémie », insistant sur le risque de contagion que représentent les dépouilles non prises en charge de manière sécurisée.
Selon les éléments recueillis sur place, des habitants ont tenté de forcer l’accès au centre afin de récupérer le corps du défunt, avant que la situation ne dégénère en incendie des structures temporaires. Les équipes médicales, appuyées par des dispositifs d’urgence déployés par l’ONG ALIMA, avaient pourtant mis en place des tentes d’isolement dans un contexte de saturation des structures hospitalières locales.
L’incident s’inscrit dans un environnement sanitaire déjà sous tension dans l’Ituri, où les capacités d’accueil sont jugées insuffisantes par plusieurs acteurs humanitaires, dont Médecins Sans Frontières. Les autorités sanitaires congolaises, représentées notamment par le ministre de la Santé Roger Kamba, rappellent que le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels et que les pratiques funéraires non sécurisées constituent un vecteur majeur de propagation.
Face à l’escalade, les autorités locales et les organisations humanitaires appellent au respect strict des protocoles d’inhumation et à la désescalade des tensions communautaires, alors que l’épidémie, suivie de près par l'OMS continue de s’étendre dans l’est du pays sur fond d’instabilité sécuritaire persistante.