Le 30 mai prochain, Arsenal affrontera le PSG en finale de ligue des champions à Budapest. Le club n’a jamais remporté ce trophée de toute son histoire.
Au Kenya, des fans d'Arsenal se préparent pour la Ligue des champions
Dans la garde-robe de l'influenceuse kenyane Nana Owiti, des dizaines de maillots d'Arsenal témoignent de sa passion pour le club.
C'est un lien indestructible qui remonte à 20 ans, à l'époque où l'équipe londonienne, composée en grande partie de joueurs noirs, était extrêmement populaire en Afrique.
"C'est (Thierry) Henry qui m'a fait tomber amoureuse d'Arsenal au départ, parce qu'il était mignon", a déclaré Owiti, qui compte des millions d'abonnés sur les réseaux sociaux grâce à ses publications consacrées aux Gunners.
Son premier maillot, et le plus précieux à ses yeux, était le numéro 14 de Henry.
"Et puis j’ai regardé à nouveau et j’ai vu Sol Campbell — son physique imposant", a-t-elle ajouté en gloussant. "Et tout à coup, Kolo Touré… tant de joueurs d’origine africaine."
En septembre 2002, Arsenal est devenu le premier club à aligner neuf joueurs noirs dans son onze de départ en Premier League, lors de sa victoire 4-1 contre Leeds.
"(Ils) me ressemblaient… c’est pour ça que j’ai choisi Arsenal", a déclaré Owiti.
"Arsenal est responsable de la plupart de mes joies et de mes peines."
Ces jours-ci, ce sont surtout des joies, le club étant sur le point de remporter la Premier League. Il a aussi décrocher une place en finale de la Ligue des champions cette semaine.
Mercredi, l’ambiance était à la célébration dans un bar de Nairobi lorsque Arsenal a battu l’Atlético de Madrid 1-0 pour atteindre la finale de la Ligue des champions pour la deuxième fois de son histoire.
Des dizaines de Kenyans en liesse ont fait retentir leurs vuvuzelas lorsque des supporters espagnols en larmes sont apparus à l’écran.
Leslie, un Zimbabwéen, lui aussi fan des Gunners, se souvient : "J'avais 12 ans. Arsenal comptait parfois neuf joueurs noirs sur onze. Je m'identifiais à eux", a-t-il déclaré, énumérant le meilleur onze de tous les temps du club avec des joueurs comme Henry, Campbell, Ashley Cole et Patrick Vieira.
Il était également en admiration devant Arsène Wenger, l'entraîneur de longue date du club, qui a été aux commandes de 1996 à 2018. "C'était un révolutionnaire, un visionnaire !".
"Il les a rendus grands"
Wenger a joué un rôle clé dans la montée en puissance d’Arsenal, confirme Emeka Cyriacus Onyenuforo, fondateur et président du club de supporters d’Arsenal au Nigeria, qui s’est considérablement développé après l’arrivée de la star locale Nwkankwo Kanu chez les Gunners.
Wenger en a fait "un club de football uni, en ne regardant pas la couleur de peau des joueurs, en allant au-delà de cela pour recruter… des joueurs fantastiques qu’il a dénichés de nulle part et qu’il a rendus grands", a déclaré Onyenuforo à l’AFP.
En Éthiopie aussi, on avait le sentiment que Wenger accordait "la priorité aux joueurs africains", a déclaré Akalework Amde, président du club de supporters du pays.
Le fait qu’Arsenal enchaînait les victoires à cette époque n’a fait que confirmer ses choix : trois titres de Premier League (1998, 2002, 2004) et une série de 49 matchs sans défaite en 2003-2004, qui a valu à ses joueurs le surnom des "Invincibles".
C'était une époque où la Premier League était en train de devenir une marque internationale, diffusée dans les foyers africains via la chaîne satellite sud-africaine Supersport.
"Si l'on remonte aux années 80, tous les Kenyans regardaient le football allemand, car c'était tout ce qui passait à l'époque", explique Carol Radull, qui gère des comptes sur les réseaux sociaux très populaires consacrés à Arsenal.
Les décennies de disette qui ont suivi, sans aucun titre majeur, n'ont pas entamé cet enthousiasme.
Raila Odinga, figure politique dominante au Kenya pendant des décennies jusqu’à sa mort l’année dernière, était un fervent supporter d’Arsenal.
Le président rwandais Paul Kagame, dont le pays sponsorise Arsenal via la campagne "Visit Rwanda", publie des messages sur le club sur X.
Si l'Afrique s'est d'abord passionnée pour les Gunners en raison de leurs joueurs noirs, "aujourd'hui, les gens aiment l'équipe pour l'équipe", explique Robbie Lyle, fondateur d'Arsenal Fan TV, qui a parcouru les cinq continents pour rencontrer les supporters du club.
"Le phénomène est incroyable", ajoute-t-il. "En Afrique, où que vous alliez, vous voyez des maillots d'Arsenal."