La France a franchi une nouvelle étape dans la restitution des biens culturels acquis pendant la période coloniale. Le président Emmanuel Macron a promulgué une loi destinée à simplifier le retour d’œuvres d’art réclamées depuis plusieurs années par plusieurs pays africains et asiatiques.
France : une loi facilite la restitution des œuvres pillées
Jusqu’à présent, chaque restitution devait faire l’objet d’une loi spécifique votée par le Parlement français. Désormais, le gouvernement pourra autoriser la sortie d’une œuvre des collections publiques par simple décret, ce qui devrait accélérer les procédures.
Une réforme attendue depuis 2017
Cette réforme concrétise une promesse formulée par Emmanuel Macron lors de son discours à Ouagadougou en 2017, où il s’était engagé à ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre la France et les anciennes colonies.
La nouvelle loi concerne les biens culturels acquis entre 1815 et 1972, avant l’entrée en vigueur de la convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel.
Le texte prévoit toutefois que lorsque l’œuvre appartient à une collectivité ou à une autre institution publique, son accord reste nécessaire avant toute restitution.
Ces dernières années, Paris avait déjà commencé à restituer certains objets symboliques. En 2020, la France avait rendu au Bénin les 26 trésors royaux d’Abomey, pillés au XIXe siècle. Le sabre d’El Hadj Omar avait également été restitué au Sénégal.
Plus récemment, le « Djidji Ayokwe », un tambour sacré saisi en 1916, a été restitué à la Côte d’Ivoire après plusieurs années de discussions.
La Chine salue la décision française
La loi a également été accueillie favorablement par la Chine, qui souhaite renforcer sa coopération avec Paris sur les questions de restitution patrimoniale.
Pékin réclame depuis longtemps le retour d’objets pillés lors du sac du Palais d’Été en 1860 par les troupes franco-britanniques.