L'Arabie saoudite, la Russie et cinq autres pays de l'OPEP+ ont relevé dimanche leurs quotas de production pétrolière, une décision attendue visant à démontrer la continuité du cartel après le retrait surprise des Émirats arabes unis.
L'OPEP+ relève ses quotas de production pétrolière malgré le retrait des Émirats arabes unis
Les sept principaux producteurs ajouteront « 188 000 barils par jour » à leur quota de production total pour le mois de juin, dans le cadre de « leur engagement collectif à soutenir la stabilité du marché pétrolier », selon un communiqué publié par l'OPEP+. Le communiqué ne fait aucune mention des Émirats arabes unis, qui ont quitté l'organisation cette semaine.
Les analystes du marché pétrolier s'attendaient largement à cette augmentation de 188 000 barils, qui est similaire aux augmentations quotidiennes de 206 000 barils annoncées par l'OPEP+ en mars et avril, en soustrayant la part allouée aux Émirats arabes unis.
Mais l'augmentation du quota sur le papier pourrait n'avoir que peu d'impact sur la production réelle, qui est déjà en deçà de la limite.
Les réserves inexploitées de l'OPEP+ se trouvent principalement dans la région du Golfe, et les exportations de cette zone sont bloquées par le blocus du détroit d'Ormuz, imposé par l'Iran en réponse aux frappes américano-israéliennes qui ont déclenché la guerre le 28 février.
Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, a déclaré dimanche à l'AFP que le cartel cherchait à envoyer « un message à double sens » : le départ des Émirats arabes unis ne perturberait pas le fonctionnement de l'OPEP+ et le groupe continuerait d'exercer un contrôle sur les marchés mondiaux du pétrole malgré les perturbations massives du commerce pétrolier dues à la guerre.
« Si la production augmente sur le papier, l’impact réel sur l’offre physique reste très limité compte tenu des contraintes du détroit d’Ormuz », a déclaré M. Leon à l’AFP. « Il s’agit moins d’augmenter la production que de signaler que l’OPEP+ a toujours le dernier mot. »
Les Émirats arabes unis, l’un des principaux producteurs mondiaux, ont annoncé le 28 avril qu’ils se retiraient de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et du groupe élargi OPEP+, après s’être heurtés à leurs quotas de production. Ce retrait a pris effet vendredi.
Aucun des deux groupes n'a réagi publiquement jusqu'à présent, ce qui rend d'autant plus notable l'absence de toute mention des Émirats arabes unis dans la déclaration de dimanche. Cette déclaration fait suite à une réunion en ligne des membres de l'OPEP+, à savoir l'Algérie, l'Irak, le Kazakhstan, le Koweït, Oman, la Russie et l'Arabie saoudite.