La justice nigériane a retiré les accusations de financement du terrorisme visant l’ancien ministre de la Justice et procureur général Abubakar Malami, a annoncé mercredi son avocat à l’issue d’une audience devant un tribunal d’Abuja.
Nigeria : l’ex-ministre Malami n’est plus poursuivi pour financement du terrorisme
« Nous avons reçu un acte d’accusation modifié qui supprime la partie relative au financement du terrorisme et la limite désormais à la possession d’armes à feu », a déclaré Me Adedayo Adedeji à la presse.
Abubakar Malami avait été inculpé plus tôt cette année pour avoir, selon l’accusation initiale, « sciemment » favorisé le financement du terrorisme en refusant de poursuivre des suspects dont les dossiers avaient été transmis à son bureau.
L’ancien ministre et son fils, Abdulaziz Malami, demeurent néanmoins poursuivis pour détention illégale d’armes à feu. Ils sont accusés d’avoir conservé à leur domicile un pistolet ainsi que des munitions sans permis. Les deux hommes ont plaidé non coupables, selon leur avocat.
Des médias nigérians ont également rapporté qu’un représentant du Département des services de l’État, les services de renseignement intérieur, a confirmé devant le tribunal l’abandon des charges liées au terrorisme, tout en précisant que les poursuites relatives aux armes étaient maintenues.
Abubakar Malami, qui a occupé les fonctions de ministre de la Justice entre 2015 et 2023 sous la présidence de Muhammadu Buhari, reste par ailleurs visé par une autre procédure judiciaire.
En janvier, la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), l’agence nationale de lutte contre la corruption, l’a inculpé, aux côtés de son épouse et de son fils, pour un présumé blanchiment d’argent portant sur 8,7 milliards de nairas, soit environ 6,5 millions de dollars.
Il avait été remis en liberté sous caution en février dans le cadre des accusations, désormais révisées, liées au terrorisme.
L’ancien ministre figure parmi plusieurs hauts responsables de l’administration Buhari actuellement poursuivis par la justice nigériane pour des soupçons de fraude et de malversations financières, malgré l’image de fermeté anticorruption longtemps revendiquée par l’ancien chef de l’État.
D’autres figures de premier plan, dont l’ex-gouverneur de la banque centrale Godwin Emefiele et l’ancien ministre du Travail Chris Ngige, comparaissent également devant les tribunaux pour des accusations similaires.