Guerre en Iran : un « risque sérieux pour l'Afrique » selon la BAD

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute attentivement lors d'une conférence de presse avec le président Donald Trump à Mar-a-Lago, le 29 décembre 2025.   -  
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La guerre au Moyen-Orient « représente un risque sérieux pour l'Afrique », ont déclaré l'Union africaine et la Banque africaine de développement (BAD) dans un rapport consulté samedi par l'AFP.

Ce conflit menace d'augmenter le coût de la vie et de freiner la croissance sur le continent, met en garde le rapport.

Le Moyen-Orient représente 15,8 % des importations de l'Afrique et 10,9 % de ses exportations, note le rapport.

« Le conflit, qui a déjà provoqué un choc commercial, pourrait rapidement se transformer en une crise du coût de la vie à travers l'Afrique en raison de la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires, de l'augmentation des coûts de transport et d'assurance, des pressions sur les taux de change et du resserrement des conditions budgétaires », ajoute-t-il.

Le taux de croissance de la plupart des pays africains reste inférieur à ce qu’il était avant la pandémie de Covid, a-t-il noté.

« Une perte de croissance de la production de 0,2 point de pourcentage du PIB africain est prévue pour 2026 si le conflit dure plus de six mois », a-t-il indiqué.

« Plus le conflit durera et plus les perturbations des voies maritimes et des approvisionnements en énergie et en engrais seront graves, plus le risque d’un ralentissement significatif de la croissance sur l’ensemble du continent sera élevé. »

La baisse des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Golfe aura un impact sur la production d’engrais, limitant leur disponibilité pendant la période cruciale des semis jusqu’en mai, a-t-il ajouté.

- Les devises touchées -

Le rapport a été établi par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA).

Selon des données récentes de la BAD, les monnaies de 29 pays africains se sont déjà dépréciées, ce qui augmente le coût du service de la dette extérieure, renchérit les importations et réduit les réserves de change.

Certains pays pourraient enregistrer des gains à court terme, comme le Nigeria grâce à ses exportations de pétrole ou le Mozambique grâce à son GNL.

Le détournement des navires autour du cap de Bonne-Espérance pourrait profiter aux ports du Mozambique, d’Afrique du Sud, de Namibie et de Maurice.

Le Kenya s’impose comme une plaque tournante logistique en Afrique de l’Est, tandis qu’Ethiopian Airlines, première compagnie aérienne africaine, sert de « pont aérien d’urgence » entre le continent, l’Asie et l’Europe, note le rapport.

Mais ces gains risquent d’être inégaux et ne compenseront pas les conséquences sur l’inflation, les budgets et la sécurité alimentaire en Afrique, ont-ils averti.

Surtout, la crise actuelle pourrait peser sur le coût de l'aide humanitaire et détourner les fonds des donateurs vers d'autres priorités.

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