Tchad : relocalisation urgente de réfugiés à la frontière soudanaise

Des réfugiés arrivent au camp de transit de Tine, dans la province de Wadi Fara au Tchad, le 3 mai 2025.   -  
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Le Tchad a entamé samedi une relocalisation d’urgence de quelque 2 300 réfugiés stationnés à sa frontière avec le Soudan, dont plus de la moitié sont des femmes et des enfants, dans un contexte de tensions croissantes.

Les opérations, pilotées par la Commission nationale d’accueil et de réinsertion des réfugiés et des rapatriés (CNARR), visent à éloigner les populations des zones frontalières où l’armée tchadienne se déploie après une attaque transfrontalière ayant fait 17 morts, parmi lesquels des personnes assistant à des funérailles.

Le président Mahamat Idriss Déby a ordonné à l’armée de se tenir prête à d’éventuelles représailles, signalant une escalade de la situation dans cette région instable. La frontière orientale, fermée le mois dernier à la suite d’affrontements ayant coûté la vie à cinq soldats tchadiens, reste toutefois le point d’arrivée de nombreux réfugiés fuyant la violence côté soudanais.

Depuis avril 2023, le conflit au Soudan oppose l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (RSF), entraînant un débordement sporadique de la violence sur le territoire tchadien. Les populations locales témoignent de pertes humaines et de dégâts matériels, illustrant l’impact durable de la guerre soudanaise sur les communautés frontalières tchadiennes.

Selon Saleh Tebir Souleymane, représentant de la CNARR à Tiné, « nous avons reçu des instructions pour agir rapidement car l’armée sécurisera la frontière dans les prochains jours », soulignant l’urgence humanitaire de ces transferts. Les opérations de relocalisation, commencées dans la province de l’Ennedi Est, s’étendent désormais à l’ensemble des villes frontalières servant de points de transit.

Le renforcement sécuritaire et la possibilité d’opérations militaires en territoire soudanais reflètent la gravité de la menace perçue par N’Djamena, qui se trouve confrontée à la double nécessité de protéger ses frontières et de gérer l’afflux continu de réfugiés.

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