L'Afrique du Sud convoque l’ambassadeur américain après des propos controversés

Leo Brent Bozell III comparaît devant la commission des affaires étrangères du Sénat, au Capitole, le jeudi 23 octobre 2025, à Washington.   -  
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Les tensions diplomatiques entre l’Afrique du Sud et les États-Unis se sont accentuées après les déclarations du nouvel ambassadeur américain à Pretoria, Leo Brent Bozell. Le gouvernement sud-africain l’a convoqué pour s’expliquer sur des propos jugés « non diplomatiques » concernant les politiques raciales du pays.

Nommé le mois dernier par l’administration du président Donald Trump, l’ambassadeur avait critiqué certaines politiques sud-africaines destinées à corriger les inégalités héritées de l’apartheid. Lors d’une rencontre avec des chefs d’entreprise, il avait notamment remis en cause les mesures d’émancipation économique des Noirs, les comparant aux lois raciales de l’époque de l’apartheid.

Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a dénoncé ces déclarations lors d’une conférence de presse. Selon lui, ces politiques restent un instrument essentiel pour réduire les déséquilibres économiques et sociaux hérités de décennies de ségrégation raciale.

Pretoria insiste sur le fait que ces mesures constituent un principe constitutionnel et un élément central de la transformation économique du pays depuis la fin de l’apartheid en 1994.

Cette controverse intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux pays. Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, Washington a multiplié les critiques à l’égard du gouvernement sud-africain, notamment en l’accusant de discriminer la minorité blanche — une affirmation contestée par plusieurs organisations et groupes afrikaners.

Selon le ministère sud-africain des Affaires étrangères, l’ambassadeur américain aurait présenté ses excuses et exprimé ses regrets lors d’une rencontre avec les autorités sud-africaines. Les États-Unis n’ont pas encore réagi officiellement.

Cet épisode illustre la détérioration des relations diplomatiques entre Pretoria et Washington, à leur niveau le plus bas depuis la fin du régime d’apartheid.

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