En Libye, sept migrants clandestins originaires d'Afrique subsaharienne ont été retrouvés morts sur une plage à l'est de Tripoli, la capitale. Parmi eux : trois enfants et deux femmes.
Libye : sept migrants clandestins retrouvés morts sur une plage près de Tripoli
Selon le Croissant-Rouge libyen, d'autres migrants décédés n’auraient pas encore été retrouvés.
L’organisation humanitaire qui a relaté l’information, n'a pas fourni de détails sur les circonstances de leur mort.
Les corps ont été retrouvés samedi soir à Qasr al-Akhyar, une ville côtière située à environ 73 kilomètres à l'est de Tripoli, selon un communiqué.
Depuis plus de dix ans, la Libye est devenue un pays de transit clé pour des milliers de migrants qui tentent chaque année de rejoindre l'Europe. Les décès parmi ces personnes sont fréquemment signalés.
Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) plus de 2 100 migrants clandestins sont morts ou ont disparu l'année dernière en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l'Europe.
Une situation alarmante selon l'ONU
Selon un rapport publié en février 2026 par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) et la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), les exilés subsahariens présents en Libye sont victimes d’abus systématiques : meurtres, torture, violences sexuelles, traite d’êtres humains, extorsion, travail forcé, prostitution forcée ou servitude domestique.
Le rapport parle d'un système d’exploitation profondément enraciné, où des réseaux criminels – parfois liés aux autorités libyennes et à des circuits internationaux – enlèvent, détiennent et exploitent des migrants.
Couvrant la période de janvier 2024 à décembre 2025, le rapport s’appuie sur des entretiens avec près de cent migrants, réfugiés et demandeurs d’asile originaires de seize pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud.
Concernant les droits des personnes réfugiées ou migrantes, Amnesty International tire la sonnette d'alarme. Dans son rapport sur la situation dans le pays, datant de 2024, l'ONG indique que les forces de sécurité, des milices, des groupes armés et d’autres acteurs non étatiques ont commis des atteintes aux droits humains systématiques et généralisées à l’encontre de personnes réfugiées ou migrantes, en toute impunité.
Durant l’année 2024, 21 762 personnes réfugiées ou migrantes ont été interceptées en mer et renvoyées de force sur le territoire libyen par les gardes-côtes soutenus par l’UE dans l’ouest de la Libye, ainsi que par les Forces navales spéciales libyennes.
"À leur retour, ces personnes étaient détenues dans des conditions cruelles et inhumaines et soumises à la torture et à d’autres mauvais traitements dans des centres de détention gérés par les gardes-côtes libyens, la Direction de lutte contre la migration illégale, ou des groupes armés", précise le rapport.
Des groupes armés affiliés aux FAAL ont expulsé de force des milliers de réfugié·e·s et de migrant·e·s vers l’Égypte, le Niger, le Soudan et le Tchad, sans leur donner la possibilité de contester leur expulsion ni de solliciter une protection internationale. Certaines, dont celles secourues alors qu’elles se trouvaient aux mains de trafiquants, ont été expulsées car elles auraient été « porteuses de maladies ».